Amsterdam : métro, bus et ferries

Un métro principalement en périphérie

Le métro, envisagé dès les années 1920, n’a été confirmé qu’en 1968. Son rôle est assez atypique car une seule ligne (52) a pu être réalisée dans le centre historique, compte tenu de la nature du sous-sol, avec une nappe phréatique très proche de la surface, parfois à tout juste un mètre !

Elle devait être complétée par une grande percée pour la circulation automobile, qui a heureusement été abandonnée : seules des évolutions à la marge ont été réalisées. La faible expérience de la construction de tunnels, a fortiori en milieu urbain, s’était traduit par une sous-estimation du coût des travaux amenant à réduire très nettement la consistance du projet.

La ligne 52, la plus récente, est tracée dans les quartiers de l’est de la vieille ville par Rokin. Les lignes 53 et 54 sont encore plus à l’est, par Nieuwmarkt.

Compte tenu de la géographie de la ville, le métro assure d’abord une fonction de rocade par le sud de la ville, dont le bouclage par le nord est souvent évoqué mais pas encore concrétisé. Hormis l’actuelle ligne 52, le métro dessert l’hypercentre par le nord, par la gare centrale.  C’est surtout au sud-est de l’agglomération que le métro est le plus présent. Le triangle d’Overamstel est au cœur du réseau.

Autre particularité du métro d’Amsterdam, découlant des contraintes du sol : il est essentiellement établi en surface ou en viaduc. La ligne 52 est en tunnel entre Europaplein et Noorderpark, au nord de l’IJ, tandis que le duo 53 – 54 passe en sous-sol après Amstel jusqu’au terminus de la gare centrale.

Jusqu’en 2019, le métro classique était complété par des tramways rapides à grand gabarit (2,65 m) en direction Amstelveen, avec dispositif de comble-lacunes sur kes portes puisque le métro a été établi au gabarit de 3 m. Les rames empruntaient le tunnel entre la gare centrale et la gare du Sud.

Cette mixité a pris fin le 3 mars 2019, la desserte d’Amstelveen ayant été transformée en tramway moderne à plancher bas en utilisant le réseau de surface, devenue ligne 25. L’ancienne ligne de métro 51 a été réorientée vers Isolatorweg.

En 2026, le métro comprend 5 lignes sur un réseau de 42,7 km desservant 39 stations dans un schéma à troncs communs compatible avec des fréquences relativement modestes, compensées par des trains longs et de très grand gabarit. Il procure une très grande capacité et de bonnes conditions de transport compte tenu de l’espace disponible et de sa fréquentation.

L’exploitation, toujours avec conducteur mais sous CBTC Urbalis d’Alstom, est assurée d’abord avec 27 rames M5 à 6 caisses (Alstom) et 43 rames M7 à 3 caisses (CAF). Subsistent encore 31 rames à 2 caisses type M4 – S3, captant le courant par 3ème rail ou pantographe, alors que les M5 et M7 ne fonctionnent que sous 3ème rail. M5 et M7 sont très similaires à la longueur près, avec un aménagement longitudinal et des caisses longues à 4 portes par face.

Le réseau en 2026. (Document GVB)
Amsterdam – Rokin – 24 mai 2026 – Une rame M5 Alstom composée de 6 caisses. Le grand gabarit est flagrant tout comme la modernité sobre des aménagements. Rokin est la station la plus profonde du réseau à 22 mètres sous la rue. Une prouesse ! (Cliché Quai numéro 2)
Amsterdam – Station Nieuwmarkt – 24 mai 2026 – Les stations alternent entre quais latéraux et central selon les contraintes de site. Evidemment, le métro est accessible aux vélos… (Cliché Quai numéro 2)
Amsterdam – Jan Van Galar straat – 23 mai 2026 – Sur le maillon nord-ouest du réseau, le métro circule essentiellement en viaduc. Les correspondances avec les tramways et bus sont généralement immédiates. (Cliché Quai numéro 2)
Amsterdam – Weesperplein – 24 mai 2026 – Les rames M7 produites par CAF circulent en solo ou couplées selon les besoins du trafic. Elles ressemblent très fortement aux M5 d’Alstom. (Cliché Quai numéro 2)
Amsterdam Zuid – 23 mai 2026 – Métro et trains côte à côte. Le chantier de la nouvelle gare a pris beaucoup de retard. Les installations du métro étaient alors encore provisoires, mais l’issue semblait proche. (Cliché Quai numéro 2)

Bus : un rôle secondaire

Le réseau urbain comprend 22 lignes régulières de jour, 8 lignes de renfort en pointe et 11 lignes de nuit, exploitées avec 233 véhicules standards ou articulés. L’électrification du parc a largement progressé avec une forte proportion de véhicules du constructeur néerlandais, les VDL Citea. Cependant, les autobus sont absents du centre d’Amsterdam : tout au plus 5 lignes font terminus à la gare centrale. Elles assurent logiquement le maillage fin entre les quartiers, adossées notamment aux principales stations de métro (Zuid, Amstelstation, Sloeterdijk par exemple). Au-delà, on compte 38 lignes suburbaines dont une douzaine labellisées R-Net.

Amsterdam – Verbindingsdam – 24 mai 2026 – Les VDL Citea adoptent une disposition particulière des portes, priorisant la capacité assise sur des lignes de maillage à moindre trafic. Sur plusieurs sections, les bus circulent sur les voies des tramways. (Cliché Quai numéro 2)
Amsterdam – Van Baelerstraat – 23 mai 2026 – Une ligne interurbaine, avec cette livrée R-Net rompant radicalement avec celle du GVB, assurée avec la version articulée du Citea, dans les deux cas électriques : les motorisations thermiques sont en voie de disparition. (Cliché Quai numéro 2)

Ferry : l’autobus sur l’eau

C’est une autre particularité des transports publics d’Amsterdam : 6 lignes de ferries complètent la desserte, principalement pour passer d’une rive à l’autre de l’IJ.

Outre la ligne de métro 52, 6 lignes de ferries traversent l’IJ pour accéder aux quartiers nord de la ville. Ces services sont gratuits et accessibles aux piétons, aux utilisateurs de vélos et vélomoteurs et évidemment aux voyageurs en fauteuil roulant.

Il existe 3 autres lignes, avec des navires pouvant transporter des automobiles et des camions, pour traverser le canal de la mer du Nord aux limites de l’agglomération. Ces services sont payants.

Amsterdam – Azartplein – 24 mai 2026 – L’une des lignes de ferries traversant l’IJ, en direction des quartiers au nord de ce canal. La ligne F1 ici illustrée est en correspondance immédiate avec le terminus du tramway 1. Les navires portent eux aussi la livrée du GVB. (Cliché Quai numéro 2)

2 août 2026