Un projet ralenti par la complexité de la gouvernance francilienne
La section centrale de la ligne T1 entre Saint-Denis et Bobigny a été mise en 1992, grâce à la mobilisation des élus de Seine-Saint-Denis. Elle atteignait à l’est Noisy-le-Sec en 2003, et Asnières, en 2012 jusqu’à la station de métro Les Courtilles, et en 2019 jusqu’au carrefour des Quatre-Routes. A cette date, la ligne s’étendait sur 17 km.
Le projet complet de la rocade nord du projet Grand Tram, du Val de Fontenay à Nanterre, est apparu dans le Contrat de Plan Etat-Région en 1994. Le rythme de sa concrétisation est pénalisé par la gouvernance des projets complexe en raison l’hyper-morcellement administratif en Ile-de-France et l’absence de gestion unifiée de la voirie. Illustration à l’extrême : la section Noisy-le-Sec – Val de Fontenay accuse plus de 10 ans de retard, essentiellement par le fait de la seule commune de Noisy-le-Sec.
La mise en service est prévue en 5 étapes :
- 2027 : Noisy-le-Sec – Montreuil Murs à Pêches
- 2028 : Asnières 4 Routes – Colombes Gabriel Péri
- 2029 : Montreuil – Val de Fontenay
- 2030 : Colombes Gabriel Péri – Mairie de Nanterre
- Après la mise en service de la section Pont de Sèvres – Nanterre La Folie pour la dernière section Mairie de Nanterre – Rueil-Malmaison





40 km en trois sections
L’exploitation sera découpée en 3 arcs d’est en ouest de longueur assez équilibrée, l’arc est étant le plus court :
- T1a Val de Fontenay – Bobigny Pablo Picasso : 10,6 km ;
- T1b Bobigny Pablo Picasso – Asnières Les Courtilles : 14,1 km ;
- T1c Asnières Les Courtilles – Rueil-Malmaison : 15,3 km
A cet égard, il arrive que la signalétique prenne un peu d’avance sur la consistance du réseau. La station Romainville Carnot sur la ligne 11 indique (photo ci-contre) la correspondance avec un tramway et officialise la dénomination alphanumérique de la grande rocade.
Il y a mieux : à Nanterre Université, la correspondance avec le tramway figure depuis 2013 sur les quais de la ligne L alors qu’il n’arrivera pas avant 2030.
La dénomination des lignes suit la logique adoptée sur T3 en 2012. Elle va en revanche à rebours de la rationalisation de la numérotation des lignes d’autobus qui, à l’exception du 208, a complètement abandonné les indices alphanumériques par souci de simplicité et de lisibilité.

Un schéma d’exploitation inédit en France


Nos voisins suisses parleraient volontiers d’un « interlignages » à Bobigny et Asnières, quand les rames passent d’une ligne à une autre. C’est par exemple le cas à Bâle (interlignages 1-14 et 15-16).
En effet, si à Bobigny, il aurait certainement été possible de créer 2 terminus distincts dans une station à 4 voies (avec raccordement de service), un tel schéma était devenu impossible à Asnières avec l’évolution du quartier, ne prenant pas en compte de tels besoins.
Ainsi, les rames iront bien d’un bout à l’autre de la ligne, de Val de Fontenay à Rueil-Malmaison, mais avec des « terminus fictifs » avec un sas de régulation au milieu des stations Bobigny Pablo Picasso et Asnières Les Courtilles. A priori, les voyageurs devront descendre pour changer de rame s’ils veulent passer d’une section à une autre.
Ce schéma devrait amortir les petits aléas d’exploitation. Comme le montre la photo ci-avant, les marges de manœuvre semblent quand même limitées, le temps de régulation ne pouvant excéder celui d’un intervalle. Au-delà, il faudra exploiter de façon autonome les sections, mais les modalités ne seront pas forcément aisées, compte tenu des communications de part et d’autre de ces stations, terminus sans vraiment l’être.
30 mars 2025