Une réussite qui parvient à ses limites
La renaissance des tramways à Strasbourg en 1994 a donné lieu à une intégration urbaine poussée du nouveau mode de transport, couplée à une révision du plan de circulation automobile pour dissuader le trafic de transit dans l’hyper-centre. Allant plus loin encore que Grenoble dans cette démarche, cette politique a fait la renommée du projet.
Il faut aussi rappeler que Strasbourg a été la première ville à mailler son réseau de tramways : Grenoble et Nantes avaient déjà créé des troncs communs, mais ils demeuraient organisés en étoile. La ligne E de Strasbourg a été la première ligne de rocade, empruntant successivement les voies des lignes A, D, C et B grâce à des raccordements complets.
Cependant, le réseau repose sur une concentration des lignes sur la place de l’Homme de Fer, accueillant les lignes A et D sur l’axe nord-sud et les lignes B, C et F sur l’axe est-ouest. A la clé, beaucoup de tramways sur une place très fréquentée, générant en outre de nombreuses correspondances.


Il est donc nécessaire de réfléchir à une évolution de la consistance du réseau pour réduire cette concentration, en proposant des itinéraires alternatifs. Le projet actuel, lié à la nouvelle branche de Bischheim, semble se contenter de déplacer la concentration de quelques centaines de mètres, de la place de l’Homme de Fer vers la place de la République.
Un schéma alternatif : détendre la contrainte par un nouveau maillage
Une autre solution serait possible, nécessitant certes un linéaire nouveau plus important mais avec une efficacité probablement accrue.
Ce scénario est assez indépendant des évolutions au tracé de la section nouvelle à Bischheim. Sont aussi prises en compte les extensions de la place d’Islande vers Port du Rhin (ligne F) et du Neuhof à Stockfeld (ligne C).

Cette proposition repose donc prioritairement sur :
- l’envoi de la ligne F à Bischheim, remplacé à Wolfisheim par la ligne C ;
- la ligne F rejoint la place de Haguenau par le quai Kléber, la rue de Sébastopol et la rue du Travail ;
- la ligne C est prolongée à l’aide d’une courte section sur le boulevard de Metz pour rejoindre l’actuelle branche de la Route des Romains. La courte section Faubourg National – Porte Blanche n’est plus utilisée afin de maintenir un accès direct de la ligne C à la gare.
Ensuite, la création de la section Lycée Kléber – Gare centrale, complétée du court tronçon Porte Blanche – Laiterie est confiée à une nouvelle ligne H Robertsau – Elsau. En parallèle, la ligne E est limitée au Wacken, station qui dispose d’une troisième voie.


Enfin, la jonction Observatoire – Lycée Kléber vient alléger la place de la République, tandis que la ligne E est envoyée à la gare centrale en utilisant l’actuel terminus de la ligne C libéré.
La ligne H pourrait au-delà être prolongée en reprenant le parcours de la ligne G jusqu’à Esplanade. A cette occasion, une courte ligne I viendrait maintenir le renfort de service au départ d’Elsau, avec un terminus à Etoile (mais un scénario Esplanade peut être envisagé également).


Dans ce schéma, hormis entre la rue du Faubourg de Saverne et la gare centrale, il n’y a donc que 2 lignes par tronc commun. Sur la place de l’Homme de Fer, le duo A-D sur l’axe nord-sud, le duo B-C sur l’axe est-ouest.
Est ainsi constituée une rocade autour du centre, par les quais, les boulevards en passant par la gare, permettant de mieux diffuser les voyageurs en proposant un maximum de combinaisons évitant le passage par Homme de Fer. Enfin, le pôle universitaire Esplanade gagne au moins une deuxième ligne vers la gare (ligne E déviée par le parcours de l’actuel bus 2).
30 mars 2025