Une ville sans train
Avec environ 22 000 habitants, Concarneau est la plus importante ville du littoral breton sans desserte ferroviaire. L’agglomération est accessible par train via Rosporden, située sur l’axe Rennes / Nantes – Quimper. Concarneau a perdu sa desserte voyageurs dès 1959. La ligne est restée active pour le fret jusqu’en 1998, avec même une section électrifiée pour la desserte de Coopagri à Coat-Conq, qui a subsisté jusqu’en 2021. De Coat-Conq jusqu’à l’ancienne gare de Concarneau, l’emprise a été reconvertie en voie cyclable.
L’ancien raccordement vers le port est devenu une coulée verte. Créé en 1909 pour faciliter les échanges de marchandises entre la ligne départementale Quimperlé – Concarneau et la ligne Ouest-Etat Rosporden – Concarneau, il avait été mis à voie normale après la fermeture de la ligne des CFD.



Les liaisons intervilles
L’agglomération Concarneau Cournouailles comprend 9 communes dont Rosporden, la seule desservie par train sur l’axe Rennes / Nantes – Quimper. Elle profite d’ailleurs du renforcement de la desserte contractualisée entre la Région Bretagne et les collectivités du Morbihan et du Finistère, entre Vannes, Lorient et Quimper.
Au chapitre touristique, outre Concarneau, Pont-Aven fait aussi partie de cette intercommunalité, origine d’un important flux routier et d’une certaine tension sur le stationnement local.
Le courant dominant est orienté nord-sud. La route entre Rosporden et Concarneau est chargée : 10 000 véhicules par jour en hiver et 22 000 dès le milieu du printemps. L’arrivée à Concarneau, depuis la sortie de la RN165, est régulièrement encombrée sinon à l’arrêt.
La proximité de Quimper motive une desserte par autocars assez fournie : la Région Bretagne propose 18 allers-retours en semaine sur la ligne 943 Quimper – Concarneau, 13 le samedi, mais seulement 2 le dimanche. Chaque jour, 2 allers-retours sont prolongés de Concarneau à Tregunc et Pont-Aven, liaison jadis assurée par la ligne Quimperlé – Concarneau des Chemins de fer du Finistère.

Le réseau de l’agglomération
Sur ce réseau baptisé Coralie, la ligne 4 assure un rôle majeur avec la liaison vers Rosporden, comprenant 12 allers-retours en semaine, 10 le samedi et 5 le dimanche. C’est assez peu par rapport à la desserte de la gare, renforcée en décembre 2025 par l’ajout de liaisons Vannes – Lorient – Quimper.
La ligne 1, à vocation urbaine, propose une fréquence en semaine de 30 minutes. La ligne 3, également urbaine, complète le maillage avec 15 allers-retours par jour. La ligne 2 est assez particulière puisqu’elle mélange un service urbain Keriolet – Le Porzan avec une fonction extra-urbaine, mais toujours dans l’agglomération, vers Trégunc et Pont-Aven.




Réflexions sur l’amélioration des transports publics
La réhabilitation de la voie ferrée n’est vraiment pas à l’ordre du jour, malgré les conditions de circulation difficile vers Rosporden, même hors saison touristique. Tout au plus évoquera-t-on quelques essais curieux menés par le groupe SNCF, pour tester un système mixte rail – route pour le concept Flexy, dont l’intérêt réel semble bien mystérieux. L’emprise n’est de toute façon pas la mieux placée par rapport aux lieux générateurs de trafic, à commencer par la zone commerciale.
Aussi, s’il fallait être imaginatif, les cogitations auraient tout intérêt à travailler des solutions restant sur le corridor de la RD70. Ainsi, l’aménagement de voies pour les bus et cars dans la zone commerciale à l’entrée nord de Concarneau pourrait améliorer assez significativement les temps de parcours des transports en commun.
La priorité irait évidemment à une montée en puissance de l’actuelle ligne 4 pour proposer un cadencement à la demi-heure synchronisé avec les trains en gare de Landerneau et à une consolidation de la ligne régionale 943, notamment pour étoffer le service du week-end, afin de faciliter l’accès à Quimper et donner une facilité de plus aux citadins d’aller profiter des embruns de la baie de Concarneau et de la Ville Close.
Sur le réseau urbain, la généralisation de la desserte à la demi-heure par les autobus légitimerait alors une réduction des capacités de stationnement sur la voirie, au profit de trottoirs plus spacieux, d’un meilleur aménagement pour les autobus et autocars de pistes cyclables mieux délimitées. En particulier, sur les avenues de la gare et Pierre Gueguin, il serait utile de disposer de voies pour les transports en commun, tandis que sur le port, la gare routière mériterait d’être rénovée pour disposer de meilleurs conditions pour les arrêts du réseau urbain et de la ligne régionale, quitte à réduire la capacité de stationnement.
30 octobre 2025