La Suisse est aussi un grand utilisateur de trolleybus : devant l’Italie et la France, le pays constitue cependant une exception en Europe de l’ouest, où ce mode connaît au mieux le statu quo ou une forte concurrence avec les autobus électriques à batteries. Même en Suisse, il y a cependant quelques exceptions. Commençons par elles :
- Bâle d’abord : les 3 lignes ont été converties à l’autobus en 2008, conséquence des problèmes rencontrés avec les Neoplan N6020 bimodes. Rien de neuf dans cette ville, qui adopte les autobus électriques avec recharge aux terminus en complément des tramways.
- Schaffhouse ensuite : l’unique ligne de 8,7 km a été démantelée en décembre 2025, remplacée par des autobus à batteries avec recharge en ligne.
- Genève enfin : Quai numéro 2 y a consacré un chapitre de son récent dossier aux choix assez curieux de la ville. Certaines lignes de trolleybus vont être converties à l’autobus électrique alors que les lignes aériennes vont subsister pour d’autres lignes restant exploitées en trolleybus sur des parcours en partie commun avec les « converties ».
Venons-en à la nouveauté de ce début d’année avec le retour des trolleybus à La Chaux-de-Fonds, sur une première ligne d’abord et 2 autres par la suite. En 2014, les Transports publics Neuchâtelois, qui exploitent le réseau de la cité horlogère, avaient décidé de supprimer les trolleybus. Incompréhensible car techniquement infondée, la décision a été fortement contestée, contraignant TransN à revenir sur leur décision. Depuis le 24 février 2026, les trolleybus circulent à nouveau dans la cette ville organisée autour d’un axe principal dans la vallée vers lequel convergent des ramifications vers les hauteurs : une géographie idéale pour le trolleybus. Quant aux trolleybus de Neuchâtel, le réseau est maintenu avec un parc renouvelé après la réforme en 2024 des BGT5-25.
A Lausanne, la nouveauté de l’année 2026 sera la mise en service du tramway, tant parce qu’il y marque son retour après 62 années d’absence que parce qu’il sera le premier à voie normale du pays, tous les autres étant à voie métrique. Il remplacera 2 importantes lignes d’autobus. Les trolleybus sont engagés sur 11 lignes, dont une est actuellement assurée par autobus en attendant la livraison de Lightram25, qui font attendre comme partout en Suisse et en Europe. Les TL prévoient la conversion d’une ligne d’autobus dont le parcours est majoritairement doté de lignes aériennes. Restons sur les rives du lac Léman : la ligne interurbaine Vevey – Montreux a été renouvelée avec 16 Exquicity articulés.
Bienne se singularise par la décision de convertir la ligne 9, exploitée en Lightram19 « OPP » avec bornes de recharge en ligne, vont être transformés en trolleybus puisqu’il s’agit de la seule ligne dans ce cas pour homogénéiser l’exploitation avec les 3 lignes déjà exploitées en trolleybus. Ce serait le premier pas vers une conversion générale du réseau au trolleybus, en tirant profit des possibilités de circulation en autonomie sur batteries et des troncs communs avec les itinéraires déjà dotés de bifilaires.
A Zurich, ville qui a vu « naître » le trolleybus à recharge dynamique (IMC), le plan de conversion se poursuit mais pâtit des retards de livraison de Hess, au point d’envisager d’aller voir les concurrents. Pour l’instant, seule la ligne 83 a été convertie, en tirant profit des sections déjà équipées de bifilaires. Le plan prévoit au moins 3 autres électrifications (69, 80 et 89), s’ajoutant aux 6 lignes actuelles.
A Berne, en lien avec le schéma de développement du tramway, la ligne 10, actuellement en autobus articulés, serait convertie pour une partie au tramway, pour l’autre au trolleybus bi-articulé, entre la gare centrale et Köniz Schliern, portant de 5 à 6 le nombre de lignes ainsi exploitées.
Saint Gall va convertir son réseau structurant aux trolleybus articulés et bi-articulés. De nouvelles sections de lignes aériennes ont été installés afin de pouvoir charger efficacement les batteries. Les dessertes de quartier seraient le fait d’autobus de 10 et 12 mètres à batteries. Winterthour a la même ambition, après une première nouvelle ligne mise en service en 2025.
Enfin, Lucerne prévoit également de convertir les lignes d’autobus les plus fréquentées aux trolleybus IMC.
Au total, au moins 535 trolleybus circulent en Suisse, compte tenu des mouvements en cours sur certains réseaux et hors véhicules historiques préservés.









3 mars 2026 – Merci à notre lecteur pour les informations transmises ayant permis l’élaboration de ce dossier.