Ce n’est pas encore pour tout de suite, mais la question est régulièrement évoquée, avec, dans certains cas, des attentes fortes des élus et usagers concernés.
Le prolongement du RER E à Mantes-la-Jolie desservira Poissy, proposant donc une seconde liaison La Défense – Poissy en plus du RER A. Dans ces conditions, quel avenir pour la branche du RER A vers Poissy ?


Les contraintes et les attentes
Il n’est pas possible de reporter la desserte assurée sur le RER E pour – au moins – 5 raisons :
- Le groupe V emprunté par le RER E n’a pas de quai sur la voie 1 en gare de Sartrouville et sa création n’est pas envisageable, en surplomb de la chaussée et à proximité des immeubles ;
- La charge des trains à Poissy sera déjà limite : la capacité résiduelle entre Poissy et La Défense ne sera pas suffisante ;
- L’ajout d’arrêts à Achères Grand Cormier, Maisons-Laffitte et Sartrouville, ainsi que la généralisation des arrêts à Houilles – Carrières n’est pas compatible avec le trafic sur les voies du groupe V (mixité RER E – liaisons Paris – Normandie) ;
- L’allongement du temps de parcours d’environ 8 minutes pour les voyageurs de Mantes à Poissy avec un risque d’incompatibilité non seulement avec les dessertes régionales (qui seraient donc fortement domestiquées) et avec les RER E semi-directs ;
- Dans l’hypothèse de renforcement à horizon LNPN de la desserte du RER E, une mission omnibus y compris entre Poissy et La Défense imposera encore un peu plus une desserte avec des intervalles irréguliers, et donc une charge hétérogène des trains.
Aussi faut-il donc écarter cette hypothèse.
Un décroisement simple et de nouvelles opportunités de desserte
Pour autant, le maintien du RER A à Poissy n’est pas nécessairement justifié avec l’arrivée du RER E. En revanche, une mission omnibus doit être maintenue entre Poissy et les gares de la boucle de Montesson.

Parallèlement, l’agglomération de Cergy-Pontoise réclame de longue date un renforcement de la desserte par le RER A. A nombre de trains constant, la seule solution est donc de reporter les missions Poissy du RER A vers Cergy.
En compensation, il faudrait donc adapter la desserte de la ligne L :
- En heures de pointe, les missions Paris Saint-Lazare – Cergy seraient déviées vers Poissy ;
- En heure creuse, la desserte n’existe symboliquement que toutes les heures. Il faudrait rétablir une desserte nominale. Fonctionnant en base 12 minutes depuis 2018, les Paris – Nanterre Université seraient donc prolongés à Poissy.
De la sorte, Poissy et la boucle de Montesson conserveraient leurs accès directs à La Défense soit par le RER A, soit par le RER E, mais gagneraient aussi un accès direct à d’autres secteurs du nord-ouest de la métropole, comme les zones d’emploi de Bécon les Bruyères et du quartier parisien des Batignolles par exemple.
De l’intérêt de LNPN pour les Yvelines
Au-delà, Poissy pourrait bénéficier du renforcement de la desserte du RER E qui découlerait du report des circulations Paris – Normandie sur la ligne nouvelle entre La Garenne – Colombes et Epône – Mézières, qui, couplée à la mise à 4 voies au-delà jusqu’à Mantes-la-Jolie, rendrait possible jusqu’à 12 trains par heure et par sens sur le RER E jusqu’aux Mureaux, dont 8 pourraient aller à Mantes. Conséquence de ce scénario, il faudrait diamétraliser une partie de l’offre de l’est (probablement une mission Chelles) avec ces nouvelles dessertes puisque les terminus de Magenta et Rosa Parks ne peuvent gérer chacun que 4 trains par heure.
21 avril 2025