Le successeur de tramways urbains
Apparu au début de l’année 1942 pour faire face au mauvais état de tramways anciens, le trolleybus a progressivement repris 6 axes du réseau urbain et la ligne suburbaine de Firminy. Recourant d’abord à des véhicules de petit gabarit (Vétra type C), la CFVE avait acquis des ELR au début des années 1960 pour faire face à l’augmentation de la fréquentation, pour la plupart en seconde main, « profitant » de la contraction des réseaux de Nice et Marseille. Pour la ligne de Firminy, elle récupérait aussi les 13 VA3-B2 marseillais, plus capacitaires encore


Cependant, au début des années 1970 les trolleybus ont d’abord souffert d’une part d’un vieillissement assez sensible du parc, puis d’un plan de circulation amenant à convertir à l’autobus la ligne 7 Bellevue – Châteaucreux. En revanche, la CFVE accompagnait le développement des nouveaux quartiers avec l’arrivée des trolleybus à La Cotonne (ligne 10) et La Métare (ligne 6). La rénovation d’une partie des ELR et des V3-B2 était lancée tardivement et pas de la façon la plus heureuse, avec montée par l’avant, par une demi-porte peu compatible avec des arrêts rapides.
Saint-Etienne rejoignait Lyon, Grenoble et Marseille en se dotant de 50 Berliet ER100 (d’abord 25 à équipement à résistances ER100R puis 25 à hacheurs ER100H), stabilisant globalement le réseau. La CFVE,dans ses dernières années, avait planché sur l’introduction de hacheurs de courant, qui ont été installés sur les trolleybus livrés à partie de 1981. Elle commandait ensuite 6 exemplaires de la version articulée PER180H compte tenu de la fréquentation de la ligne 6 vers La Métare. Par décalage, la ligne 7 Bellevue – Châteaucreux renouait avec la traction électrique.
Pour compléter le parc et renforcer le service, la STAS faisait l’acquisition en seconde main de 6 ER100R et 2 PER180H de Grenoble, libérés par le projet de tramway. Avec 56 ER100 et 10 PER180H, le parc était à son apogée. Pour autant, le retour des trolleybus sur le 7 tournait court, la ligne repassant à l’autobus en 1992.
Commençait alors une longue période de déclin du trolleybus, avec en 1998 l’arrêt des PER180H sur le 6, convertie à l’autobus articulé et l’abandon – toujours incompréhensible près de 30 ans plus tard – de la traction électrique sur le 1 Bellevue – Firminy.
Les choix d’investissements furent aussi assez déroutants. 12 Cristalis ETB12 étaient commandés à Irisbus. Bien insuffisants pour assurer l’intégralité du service, la STAS engageait tardivement une rénovation lourde d’une partie des ER100H et légère des autres véhicules maintenus en service. Cependant, l’intégrité du réseau n’était plus assurée, d’autant plus que les travaux du tramway Peuple – Châteaucreux modifiaient la plupart des lignes du centre-ville.
Après la réforme des ER100H rénovés en 2009, les Cristalis ne pouvaient assurer – et encore quand ils fonctionnaient correctement – qu’une partie des lignes 3 et 10, complétant des autobus Diesel. Il y avait un sérieux risque d’abandon des trolleybus à Saint-Etienne. Les budgets étaient d’abord alloués au développement du tramway et à l’acquisition des nouvelles rames.


La discrète, patiente mais efficace relance du trolleybus
Cependant, en 2018, une commande de 25 Trollino 12 était passée auprès de Solaris, avec autonomie sur batteries et recharge en ligne (IMC). Ils ont été mis en service en 2020 d’abord sur la ligne M7 Bellevue – Châteaucreux puis sur M3 Michon – Terrenoire. En 2026, la ligne M6 Jean Moulin – IUT Métare a été équipée de 8 articulés, en attendant son prolongement vers la Cité du Design qui nécessitera des trolleybus supplémentaires.
Le trolleybus a été ainsi complètement rétabli sur 3 itinéraires correspondant à 4 lignes historiques (Michon, Terrenoire, Cotonne, Métare). Le tramway a repris une cinquième (Soleil). Après les incertitudes, Saint-Etienne a réussi, sans fioritures, la quasi-renaissance du trolleybus dans l’agglomération.
Ce n’est peut-être pas fini : la Métropole prévoit l’équipement de la ligne M4 Bellevue – Châteaucreux par Montplaisir et Métare, pour mailler progressivement les installations. Elle devrait aussi être équipée de trolleybus articulés : il serait logique de retenir une fois de plus le Trollino, donnant toute satisfaction.
Au-delà, le potentiel du trolleybus reste important dans l’agglomération. Au moins 4 autres lignes mériteraient d’être équipées compte tenu de leur profil sévère et des troncs commun avec les lignes déjà existantes :
- M2 Firminy – Roche-la-Molière – Centre-ville – Beaulieu –Métare
- M9 Carnot – Montreynaud
- 12 Villeboeuf le Haut – Bel Air
- 16 Lycée Simone Veil – Montplaisir
Quant à la ligne M1 Bellevue – Firminy, le retour des trolleybus y serait également intéressant compte tenu de son trafic. L’important linéaire à équiper ne serait plus vraiment un handicap puisque les véhicules modernes à batteries d’autonomie peuvent assurer environ 40 % de leur parcours hors lignes aériennes.


Dans un prochain dossier, Quai numéro 2 abordera la desserte ferroviaire de la métropole stéphanoise, elle-même intégrée aux réflexions sur l’étoile lyonnaise.
9 octobre 2026