Le développement du réseau de tramways dans l’agglomération lyonnaise continue sur un rythme élevé depuis maintenant 25 ans. Pourtant, l’annonce de la réalisation de 2 lignes en 1996 avait été quelque peu fraîchement accueillie. Le tramway s’est imposé par la preuve. Actuellement, 3 projets, totalisant plus de 20 km d’infrastructures nouvelles, sont en cours de réalisation :
- le prolongement de T6 depuis Hôpitaux Est vers La Doua, achevant la première rocade de l’agglomération, la plus proche du centre ;
- la création de T9 Charpennes – Vaulx-en-Velin La Soie, avec une section nouvelle à partir de la station Croix-Luizet et maillon d’une seconde rocade en première couronne ;
- la création de T10 entre la gare de Vénissieux et la halle Tony Garnier, jouant le même rôle au sud de l’agglomération.

La concertation sur la jonction La Soie – Gare de Vénissieux envisage pour l’instant une nouvelle ligne T8, pour relier T9 et T10 et achever la seconde rocade de l’agglomération.
La Métropole a aussi confirmé la solution d’un tramway partiellement souterrain pour la desserte du 5ème arrondissement et de Tassin avec le projet TEOL (Tramway Express Ouest Lyonnais), par le prolongement de T2. Ce projet a ravivé le vieux débat entre métro et tramway, puisque le métro s’était invité dans la campagne des élections municipales en 2014. Mais le potentiel de trafic, 60 000 voyageurs par jour, y est insuffisant pour justifier un mode lourd, surtout que pour un trafic similaire, le SYTRAL maintient le trolleybus sur le cours Lafayette…
Deux axes font l’objet de réflexions voire d’études concrètes, au départ de la Part-Dieu. Le premier est en direction d’Ecully vers le Campus Lyon Ouest, en passant par Vaise et le plateau de la Duchère : c’est l’actuelle ligne de bus C6, plusieurs fois renforcée. Le second, vers Caluire et Rillieux, concerne principalement l’actuelle ligne C2.
Ce n’est pas tout : la Région planche sur la réouverture du Chemin de fer de l’Est de Lyon, entre Meyzieu et Crémieu, sous sa responsabilité du fait de sa situation interdépartementale. Néanmoins, les interactions avec T3 et Rhônexpress sont telles qu’il faudra forcément travailler à l’évolution globale de la desserte de cet axe. Au nord, la réutilisation de l’ancienne ligne de Trévoux, également portée par la Région, est toujours prévue en BHNS…
Au-delà du tramway, le trolleybus connaît un nouvel essor dans la ville qui en est indiscutablement la capitale. Figure du réseau de transports en commun lyonnais sans interruption depuis 1935, le trolleybus a connu un fort développement jusqu’en 1959, d’abord pour remplacer des tramways hors d’âge sur des lignes à trafic moyen avant de s’attaquer à partir de 1950 aux grands axes avec l’arrivée des Vetra VA3 puis VA3B2 de grande capacité. Il a survécu aux différents plans de circulation et à l’arrivée des autobus standards avant de connaître un renouveau entre 1978 et 1984, incarné par le modèle Berliet ER100.
Après une réduction de sa présence dans la presqu’île en 1991, l’arrivée en 2000 des Cristalis, produits par RVI puis Irisbus, devait incarner le renouveau, accompagné de plusieurs extensions du réseau (Vaulx-en-Velin, Caluire, Rillieux), mais avec une présence par intermittence à cause d’un véhicule techniquement trop complexe.


En 2019, un premier schéma directeur de développement du trolleybus a été présenté par le SYTRAL mais il a tardé à être mis en œuvre, avec en outre un questionnement sur certains axes pour lesquels le tramway pourrait lui être préféré. Deux projets sont en cours de réalisation.
Reprenant globalement le corridor de l’actuelle ligne 25 Part-Dieu – Bron Sept Chemins, la future ligne TB12 (drôle d’appellation) sera tracée par l’avenue Félix Faure plutôt que l’avenue Lacassagne. Elle sera mise en service l’an prochain jusque place Kimmerling, puis en 2027 jusqu’aux Sept Chemins et sera prolongée à Parilly en 2029.
La section Saint-Clair – Rillieux de la ligne C5, qui vient de fusionner avec C4, sera l’autre concrétisation du schéma directeur de 2019. Cependant, cette liaison Jean Macé – Rilllieux a supprimé l’axe structurant depuis Rillieux vers le cœur de la presqu’île. Dommage : il faudra peut-être y remédier.
Il est utile d’aborder en parallèle les deux modes, ne serait-ce que parce que le développement du tramway pourrait concerner des lignes aujourd’hui en trolleybus ou envisagée avec ce mode : c’est notamment le cas des lignes d’Ecully et de Rillieux.
Quai numéro 2 vous propose donc d’examiner ces projets et d’aller au-delà pour envisager un schéma directeur de développement à horizon de 15 ans du tramway et du trolleybus dans l’agglomération lyonnaise.
5 Commentaires sur “Lyon : un schéma directeur pour les tramways et les trolleybus”
Bernard G
au droit de l’image esquissant le tracé tramway vers le plateau nord, 2 petites erreurs dans le texte :
« Vers Ecully, il semble difficile d’échapper au passage par les rues Marrieton et de Bourogne »
(c’est Marietton et Bourgogne)
Station4
Coquille rectifiée.
Bernard G
« « Vers Ecully, il semble difficile d’échapper au passage par les rues Marietton et de Bourgogne » :
C’est probablement un passage par la rue Salengro qui serait privilégié en version tramway.
En effet, passer dans cette rue est un tracé « entre façades rapprochées » deux fois moins long que Marietton + Bourgogne,
avec beaucoup moins de commerces,
et quatre mètres de plus en largeur
Station4
Le passage par la rue Salengro semble effectivement plus simple mais il pose la question du marché sur la place de Paris et implique une desserte de la gare de Vaise hors pôle d’échanges. S’il est vrai que ce dernier est déjà bien rempli et aurait du mal à encaisser la suppression des points d’arrêts bus sur la partie au pied du talus, c’est quand même un élément à prendre en considération pour la qualité des correspondances. Mais comme il est vrai que maintenant, on essaie de nous faire croire que Cordeliers = Terreaux et que Pêcherie = Hôtel de Ville, tout est possible.
Bernard G
Je pense qu’il doit être possible pour un tramway arrivant par la rue Salengro de contourner par la pointe sud le pôle d’échanges de Vaise (rayon de courbe entre 25 et 30 mètres),
puis d’emprunter la voie réservée située entre le PEM et le remblai SNCF, à condition d’entailler et d’étayer celui-ci