Bus parisiens : une courte éclaircie avant une nouvelle crise

Petite Ceinture : les prémices d’une période favorable

Paris – Porte d’Orléans – 1998 – La réorganisation de la ligne PC a scindé la rocade des boulevards militaires en 3 arcs partiellement superposés, exploités en autobus articulés (Agora L mais avec seulement 3 portes) bénéficiant de couloirs plus nombreux et même mieux matérialisés. (Cliché J.-H. Manara)
Paris – Boulevard Ney – 13 septembre 2009 – L’arc nord PC3 Porte Maillot – Porte des Lilas était partiellement doté de voies réservées compte tenu de conditions de circulation un peu moins dégradées. Cette réorganisation a constitué une amélioration notable du service en attendant le tramway. (Cliché Quai numéro 2)

Le changement de majorité à la tête de la Ville de Paris en 2001 donna une impulsion très favorable aux transports en commun de surface, créant ou réaménageant 41 km de couloirs afin de les séparer nettement de la circulation générale. Premiers concernés : le boulevard de Strasbourg, la rue de Rivoli et les quais de rive gauche entre la place Saint-Michel et le pont de la Concorde. L’objectif était évidemment d’accroître la vitesse commerciale. Un plan de 40 km supplémentaires avait été adopté l’année suivante avec la perspective de faire circuler 4 lignes intégralement sur des parcours dotés de voies réservées : 27, 38, 91 et 92. Il ne fut cependant que partiellement réalisé.

Paris – Boulevard Port-Royal – 9 février 2014 – Le site propre de la ligne 91 a fait coulé beaucoup d’encre, perturbant des parisiens peu habitués. Il était alors question de le transformer ensuite pour un tramway. (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Place Pigalle – 10 avril 2008 – Aménagement particulier sur les boulevards de Rochechouart et de Clichy, avec des couloirs de part et d’autre du terre-plein central. Une disposition plutôt efficace. (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Boulevard Saint-Germain – 14 avril 2018 – La ligne 63 a profité de la protection du couloir sur cette artère, mais il aurait aussi fallu achever le contresens, qui fait défaut entre le pont Henri IV et le boulevard Raspail. (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Boulevard Vincent Auriol – 11 avril 2010 – Parmi de nombreuses réalisations sur son parcours pour améliorer la circulation des bus, la ligne 27 a bénéficié d’un site propre entre la place d’Italie et la rue Jeanne d’Arc. (Cliché Quai numéro 2)

En 2005, on comptait 108 km de couloirs protégés par une bande peinte, 72 km par une bordure, dont 16 km à contresens. Il fallut pourtant battre pour partie en retraite et certains tronçons prévus ne furent pas traités. Néanmoins, le réseau connut une véritable embellie puisque la vitesse commerciale remonta à 13 km/h sur le réseau parisien, alors qu’il restait autour de 10 km/h une décennie plus tôt.

2006 : l’arrivée du tramway

La création du T3, dont la première section a ouvert en novembre 2006, a entraîné logiquement la suppression – pour la bonne cause – des voies réservées aux bus entre le pont du Garigliano et la porte d’Ivry. Cette première section a été rejointe à la porte de Versailles par le prolongement de T2 depuis Issy-les-Moulineaux, tracé en lisière de Paris. L’extension de T3 à la porte de La Chapelle en 2012 puis à la porte d’Asnières en 2017 ont produit les mêmes effets. Le prolongement à la porte Dauphine en 2024 semble marquer l’aboutissement de la partie la plus attendue du projet.

La genèse du T3 a été mouvementée, sinon virulente, mais l’amélioration du service est rapidement devenue incontestable. Revers de la médaille, la fréquentation a pulvérisé toutes les prévisions, rendant l’exploitation plus difficile. Quai numéro 2 a consacré un dossier au retour du tramway en Ile-de-France.

Le bouclage de la boucle est une question plus complexe qu’il n’y paraît, également objet d’un de nos dossiers.

Paris – Boulevard Brune – 14 juin 2009 – Le retour du tramway dans Paris, ou plutôt autour, a suscité de nombreux espoirs. Si la ligne T3 est un succès au-delà de toutes les prévisions, les réflexions sur d’autres lignes n’ont malheureusement pas eu de suite. (Cliché Quai numéro 2)

2009 : le reflux commence

Obtenu non sans mal, le couloir à contresens de la rue Lafayette et d’une partie de la rue de Châteaudun, fut l’une des premières victimes d’une forme de reflux assez curieux à l’époque. Ouvert en 1999, il avait permis d’unifier les deux sens de circulation des lignes 26, 32 et 43, assurant sur ce tronçon la liaison entre les gares Saint-Lazare et du Nord (26 et 43) ou de l’Est (32), non directement reliée par le métro. Cet aménagement fut supprimé, la surface délaissée par les autobus fut consacrée à une piste cyclable dont le moins qu’on puisse dire est que le débit est loin d’être aussi important ! Les trois lignes retrouvèrent la rue de Maubeuge, avec un couloir matérialisé par une simple bande peinte. C’était un retour, incompréhensible alors, de 30 ans en arrière !

En revanche, le parcours put profiter d’un nouveau contresens sur la rue Saint-Lazare entre la place de la Trinité et la rue d’Amsterdam, remplaçant avantageusement le crochet par la place de Budapest et la rue d’Amsterdam. Dans ce même quartier, alors qu’était envisagé la poursuite de cet aménagement sur la rue de la Pépinière jusqu’à la place Saint-Augustin, la Ville fit volte-face et préféra réaliser une piste cyclable. Cet aménagement aurait profité aux lignes 22, 28, 43 et 80.

Paris – Cour du Havre – 21 mai 2020 – La ligne 26 été l’une des rares converties à l’autobus articulé. En arrière-plan, la rue Saint-Lazare, avec le contresens créé en 2010, mais le couloir dans le sens de la circulation est rarement respecté, sauf en fin de pandémie… (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Boulevard de Denain – 2 mars 2010 – Outre le contresens de la rue Lafayette, les lignes 26 et 43 empruntaient le boulevard de Denain pour desservir la gare du Nord. Le retour à un itinéraire dissocié n’a pas amélioré la commodité de la liaison avec Saint-Lazare. (Cliché Quai numéro 2)

En 2014, la Ville de Paris recensait 100 km de voies réservées (bande de peinture), 18 km de voie à contresens et 55 km de couloirs séparés par une bordure, soit 172 km.

Depuis 2019 : l’effondrement

L’essor de l’usage du vélo a eu pour conséquence une augmentation du flux dans les couloirs, déjà ouverts aux véhicules d’intervention et aux taxis. Seuls les couloirs à contresens restent en principe interdits aux vélos. Résultat, le bénéfice pour le service public n’a cessé de diminuer. Alors même que la circulation automobile diminue dans Paris, la vitesse commerciale des autobus est elle aussi repartie à la baisse.

Les évolutions apportées au réseau parisien en avril 2019 ont eu des effets contrastés : de nouveaux couloirs ont été réalisés sur certains axes (rue de Belleville par exemple), mais d’autres ont été supprimés (généralement pour réaliser des pistes cyclables dont le débit est bien plus faible qu’une ligne d’autobus bien exploitée) sans systématiquement être compensés. Et lorsqu’ils l’ont été, les autobus ont dû se contenter de bandes peintes et non plus physiquement séparées. C’est par exemple le cas des quais de rive gauche, du boulevard de Sébastopol, des rues Beaubourg et du Renard. La réduction de leur largeur ne facilite pas l’évolution des bus. 

Les regards se sont rapidement focalisés sur la rue de Rivoli où ne subsiste qu’une voie pour les bus, les taxis, les livraisons, les riverains et les véhicules d’intervention.

Paris – Quai des Grands Augustins – 26 février 2021 – Du service public à un usage individuel : exemple de couloir d’autobus transformé en piste cyclable, au détriment des lignes 27 et 87 relégués dans la circulation générale. Le développement des pistes cyclables s’est contenté de redistribuer la chaussée, sans toucher aux trottoirs, et malheureusement souvent au détriment des transports en commun. (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Rue de Rivoli – 5 novembre 2021 – D’abord cantonnée à l’équivalent d’une voie de circulation (à droite), la piste cyclable a été étendue, ne laissant qu’une seule voie de circulation. Il n’y a donc plus de voie bus. (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Rue de Belleville – 11 mai 2019 – La ligne 20 restructurée, envoyée à la porte des Lilas, dispose d’un couloir à contresens entre le boulevard et l’église de Belleville. En revanche, le parcours reste dissocié entre Opéra et République entre la rue de Réaumur et les boulevards. (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Boulevard Diderot – 21 avril 2024 – La dernière configuration de cet axe comprend un court site propre, mais ensuite, les voies réservées aux bus sont de chaque côté de la rue de Lyon, imposant aux bus vers la Bastille de cisailler les encombrements Il faudrait prolonger le site propre sur le flanc ouest de la rue de Lyon. (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Rue de Rivoli – 11 février 2022 – Les véhicules sont tous autorisés… et le pauvre 72 qui remonte toute la rue de l’Hôtel de Ville à la Concorde est complètement englué. Le rétablissement d’une voie strictement réservée aux bus est urgente. (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Boulevard de Sébastopol – 16 février 2024 – Il n’aura fallu que quelques semaines pour créer la piste cyclable à double sens sur le flanc ouest du boulevard, alors qu’il aurait été si utile de ré-associer les 2 sens de la ligne 38 entre Châtelet et Gare de l’Est. (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Rue du Renard – 16 février 2024 – Autrefois, les bus disposaient d’un couloir séparé. Avec cette configuration, les bus articulés doivent mordre sur la voie de circulation du fait de la chicane en sortie d’arrêt. La circulation dans les 2 sens par les boulevards de Sébastopol et de Strasbourg serait plus simple. (Cliché Quai numéro 2)

Entre 2005 et 2021, le kilométrage de voies réservées aux transports en commun est passé de 196 à 181 km. Le bilan n’est cependant pas si simple puisque la création du T3 a supprimé environ 27 km de couloirs. Il y a eu effectivement des créations nettes si bien que pour l’année 2024, la Ville de Paris affiche dans son bilan annuel un total de 205 km : mais peut-on encore considérer qu’il existe une voie bus sur la rue de Rivoli, qui est toujours répertoriée ?

Paris – Place de la Bastille – Août 2002 – Souvenir de l’ancienne configuration en giratoire, certes très vaste : la réduction de son diamètre au profit des piétons était nécessaire, mais sans remettre en cause son principe. (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Place Félix Eboué – 26 avril 2017 – L’ancienne configuration en giratoire, sur lequel s’engage sans difficulté cet Urbanway de la ligne 46 en direction de Vincennes. (Cliché Quai numéro 2)
Même lieu – 1er décembre 2023 – La nouvelle configuration ne fait que des mécontents, même les cyclistes qui doivent couper le capharnaüm pour accéder à leur piste. Les bus peuvent perdre jusqu’à 10 minutes. (Cliché Quai numéro 2)
Même lieu – 15 juin 2025 – La circulation est désormais concentrée sur le flanc nord de la place, avec ajout de plusieurs feux tricolores non synchronisés, compliquant l’évolution des bus. (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Rue Ordener – 5 août 2017 – Objectivement, peut-on considérer ce couloir, répertorié dans l’inventaire de la Ville de Paris, comme utilisable ? La ligne 31 Gare de l’Est – Etoile mériterait un autre traitement compte tenu de l’importance de son trafic. (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Avenue Général Leclerc – 23 septembre 2023 – De nouveaux couloirs certes mais pas forcément assez larges et poreux puisque séparés simplement par une bande peinte. L’amélioration des lignes 38 et 68 n’est donc pas totale : c’est mieux mais pas encore optimal eu égard au trafic. (Cliché Quai numéro 2)

En 2024, la vitesse commerciale des autobus parisiens est à son niveau de 1973 à 9 km/h, avec pourtant une circulation automobile qui a baissé de près de moitié par rapport à 1990 et avec des véhicules nettement plus performants. Cette crise est aussi illustrée par un effondrement de la fréquentation : 12 % entre 2016 et 2019 et 27 % entre 2019 et 2024. C’est colossal. Un chiffre devrait provoquer la mobilisation de tous les acteurs (IDFM, Ville de Paris, exploitants, mais aussi Préfecture) : l’effondrement de la vitesse commerciale représente un coût 400 millions € par an, soit l’équivalent d’une ligne de tramway de 12 km !

Priorité aux carrefours : un vœu pieu ?

Ce serait un moyen a priori efficace pour améliorer la vitesse commerciale des autobus. Cependant, la densité de la ville rend l’exercice difficile, ne serait-ce que par les choix à opérer entre les itinéraires. En revanche, la réduction du nombre de carrefours avec feux tricolores serait peut-être à envisager, dans le cadre d’une ville moins occupée par les voitures particulières. Une première expérimentation avait eu lieu en 1983 sur la ligne 26 puis en 1987 sur la ligne 62, mais aucune généralisation n’a été décidée.

En outre, avant de donner la priorité aux autobus aux feux, peut-être faudrait-il s’interroger sur leur nombre, en hausse constante depuis 1995. La Ville de Paris dénombre 14 000 signaux en 2023, contre 9250 en 1995 (soit une augmentation de 51 %).

Moitié moins de circulation automobile mais des bus qui n’avancent plus

Cette redistribution de l’espace, qui ne profite donc ni aux piétons ni aux autobus, peut d’ailleurs avoir pour effet de recréer des encombrements : les cyclistes se plaignent d’aménagements trop étroits ou de véritables bouchons, sans compter les conflits entre utilisateurs, par exemple entre ceux qui respectent les feux tricolores et ceux qui s’en affranchissent. C’est donc moins le principe de développer un réseau cyclable qui est contestable que le principe d’exportation des contraintes sur un service public payé par la collectivité, et qui représente une proportion bien plus importante de déplacements.

Paris – Boulevard du Palais – 16 février 2024 – A l’entrée nord de l’île de la Cité, la voie bus nord-sud croise la piste cyclable bidirectionnelle. Une configuration à risque, surtout si certains ne respectent pas les feux tricolores. Les conducteurs d’autobus doivent aussi faire face à un stress permanent face à la multiplicité des situations à risques, ce qui ne rend pas le métier attractif. (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Place de Clichy – 7 juin 2023 – Le développement du réseau cyclable ne peut se faire en sacrifiant les conditions de circulation des bus. Outre la congestion de la place (qui a toujours été difficile, les aménagements ajoutés ne cherchent pas à réduire les contraintes sur les bus… au contraire, avec cet ilot qui empiète sur la trajectoire du 21 : ce Citelis va être obligé de monter sur le trottoir… (Cliché Th. Assa)

La situation actuelle des autobus à Paris mais aussi nombre de communes de banlieue n’est pas bonne : complexification du réseau, réduction des priorités difficilement acquises en plus d’un demi-siècle, effondrement de la vitesse commerciale, fréquences erratiques car difficiles à respecter, difficulté conséquente à maintenir le trafic voyageurs forment une spirale vicieuse tendant à envoyer les usagers vers… le transport individuel ! Le tiers de trafic perdu depuis 2016 ne s’est pas uniquement reporté dans le métro ou sur un vélo…

Réseau de surface : des missions pourtant essentielles

Sur la période 2017-2022, 13 lignes d’autobus parisiens transportent régulièrement au moins 25 000 voyageurs par jour : 26, 27, 31, 38, 54, 60, 62, 64, 80, 91, 95 et 96. Cependant, les lignes 54, 60, 64 et 96 ne sont toujours pas exploitées par bus articulés.

Pire, IDFM prévoit d’exploiter à partir de 2026 la ligne 27 en standards, et de développer l’usage de bus à gabarit réduit GX137LE, apparus sur le 66 puis le 85. Ils font déjà état de leur capacité notoirement insuffisante et d’un effet nul sur l’exploitation malgré leur longueur réduite de 12 m à 10,75 m et leur largeur passée de 2,55 m à 2,33 m. On le savait déjà avec l’expérience du Berliet PGR entre 1968 et 1982 ! L’histoire a un hoquet dont on se serait bien passé, signe qu’on ne tire pas assez les leçons de l’histoire… mais est-elle réellement connue ?

Il ne faut pas oublier que le réseau de surface à Paris joue un rôle particulier puisque le métro n’est pas accessibles aux personnes à mobilité réduite… et ne le sera pas de sitôt (si tant est que cela soit possible). La Région a avancé en 2025 l’hypothèse d’un investissement de 20 milliards € pour le mettre en conformité : c’est une hypothèse basse pour un résultat fonctionnel très discutable. Pour un voyageur valide, la vitesse moyenne de déplacement en métro est de l’ordre de 10 km/h. Si on ajoute les temps d’attente des différents ascenseurs pour aller de la voirie au quai, cette vitesse pourrait être réduite d’un tiers voire de moitié.

Conclusion : la loi de 2005 sur l’accessibilité, considérant le réseau de surface comme solution de référence pour les PMR, est logique, car elle ne confond pas l’objectif (un réseau de transport en commun accessible) et le moyen (le métro).

Autre facteur assez évident, puisque déjà constaté à plusieurs reprises dans l’histoire : chaque fois que le réseau de surface est dégradé, le métro doit absorber un important report de flux. Ce fut le cas avec le démantèlement des tramways puis pendant les Trente Glorieuses. C’est à nouveau le cas, même si l’essor du vélo a aussi capté une partie de ce trafic. Plus le métro est utilisé pour des petits trajets, moins il y a de capacité pour les trajets relevant réellement du domaine de pertinence de ce mode de transport.

Il est donc essentiel de reconsidérer la place de l’autobus dans Paris et en banlieue, où la situation est assez comparable, plus ou moins atténuée selon les cas. Il faudra donc inéluctablement revoir – une fois de plus – les schémas d’aménagement de la voirie afin d’améliorer radicalement leurs conditions de circulation. Un plan visant une augmentation de 30 % de la vitesse commerciale en 3 ans apparaît urgent, faute de quoi, l’autobus parisien continuera son déclin. Pour cela, il ne devra y avoir aucun tabou, par une hiérarchie primaire « piéton > transports publics > modes individuels mécanisés »… sans oublier la question des livraisons, elles aussi à réorganiser.

Les fondements du programme comprendront le retour de couloirs vraiment réservés aux autobus, la ré-association des itinéraires sur les axes principaux (en tête d’affiche, évidemment le 38 sur les boulevards de Sébastopol et de Strasbourg), la redistribution des arrêts (à certains endroits trop rapprochés), la conception générale de la voirie, le fonctionnement des feux tricolores, la réduction de leur nombre aussi (puisqu’ils sont 3 fois plus nombreux qu’il y a 30 ans, sont-ils tous réellement utiles ?) et leur synchronisation, au moins entre les grands carrefours dont on peut admettre qu’ils sont parfois délicats à faire fonctionner.

Et le tramway ? Sur le papier, une dizaine de lignes le justifieraient sans aucun doute, pour compléter et délester le métro, améliorer le service des grands corridors et proposer un réseau principal encore plus accessible aux personnes à mobilité réduite. Si la Région se dit prête à investir 20 milliards € pour adapter le métro, il faut avoir en tête que c’est l’équivalent d’environ 600 à 650 km de tramways, soit la moitié du linéaire à l’apogée de ce mode de transport en 1925.

En attendant, il faudra travailler à un scénario de BVHNS – Bus Vraiment à Haut Niveau de Service ! – à Paris et en proche couronne.

Paris – Rue d’Alésia – 25 septembre 2020 – Dans le 14ème arrondissement, le plan de circulation a été modifié créant des sens unique avec couloir à contresens. Un schéma qui mériterait d’être étendu de Javel à l’avenue de France pour en améliorer la portée. (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Rue de Rome – 12 décembre 2024 – Tels leurs aînés les PGR, les GX137LE affaiblissent le service en réduisant la capacité et le confort de transport et sont tout autant englués dans la circulation. (Cliché Quai numéro 2)
Paris – Rue du Havre – 8 février 2025 – Un cliché prémonitoire ? En dépit de sa forte fréquentation, la ligne 27 va perdre ses autobus articulés, qui l’équipent depuis 1986 ! Une régression de plus. (Cliché Quai numéro 2)

18 novembre 2025