Un plan ferroviaire pour le Massif Central ?

Les Régions Nouvelle Aquitaine, Occitanie et Auvergne – Rhône-Alpes ont adressé un courrier commun au ministre des Transports pour demander à l’Etat un plan ferroviaire pour le Massif Central à horizon 2040. Elles rappellent qu’elles ont, depuis 2005, financé des investissements de renouvellement sur les lignes de desserte fine du territoire bien au-delà des compétences qui leur sont dévolues et, sur certains axes, engagé une évolution parfois significative des services, selon leurs capacité à les financer et les possibilités du réseau.

Il s’agit manifestement de trouver les modalités pour aller au-delà des seuls besoins de renouvellement : le terme de modernisation figure dans cette missive, condition préalable à un accroissement des fréquences, compte tenu de la prédominance de lignes en block manuel voire en cantonnement téléphonique, sources de contraintes d’exploitation. Cet objectif est d’une acuité décuplée par la crise du coût des déplacements du fait de l’inflation sur les carburants et de la grande dépendance à l’automobile des populations vivant hors des grandes métropoles.

L’appel concerne aussi les grands axes, à commencer par Paris – Toulouse et Paris – Clermont-Ferrand, appelant indirectement à un nouvelle étape d’améliorations au-delà des dispositions déjà engagées pour accompagner les automotrices Oxygène. Leur arrivée est désormais annoncée sur ces lignes au cours de l’été prochain. Cependant, il ne faudrait pas focaliser ce plan uniquement sur ces lignes, en réclamant des gains de temps de parcours qui pourraient se révéler d’un coût à la minute assez élevé.

En revanche, l’amélioration des fréquences pourrait procurer de meilleurs effets : réduire le temps d’attente, c’est aussi gagner du temps, ou au moins éviter d’en perdre. L’effet serait encore plus important par une meilleure coordination entre les Trains d’Equilibre du Territoire et les services régionaux, pour améliorer globalement la desserte du Massif Central. Vierzon, Limoges, Brive, Nevers, Moulins et Riom constituent les principaux carrefours du réseau sur lesquels la coordination des services pourra être travaillée. Quai numéro 2 y reviendra prochainement dans des études et propositions complémentaires dans son dossier consacré aux TET. En attendant, vous pouvez consulter notre analyse sur une liaison Limoges – Montluçon – Clermont-Ferrand.

La question centrale reste celle du financement : quelle serait l’enveloppe nécessaire pour renouveler et moderniser les lignes et proposer, pour la plupart d’entre elles, au moins une desserte toutes les 2 heures tous les jours ? Quelle serait sa répartition entre l’Etat et les Régions ? En principe, ces dernières n’ont compétence que sur le matériel roulant, le service, la tarification, l’intermodalité et le cofinancement des investissements de développement (esprit d’origine des Contrats de Plan Etat – Régions).

Pour mémoire, en 1975, un Plan de modernisation et d’aménagement du Massif Central avait déjà été annoncé. Il comprenait un modeste volet ferroviaire. Il a surtout été incarné par la modernisation des autorails X2800 mis en service à partir de 1957, et la conception de nouvelles remorques plus modernes et confortables. Il comprenait aussi quelques aménagements d’infrastructures, mais très limités en nombre et en portée. Les rebroussements pénalisants de Saint-Germain-des-Fossés, Gannat, Saint-Sulpice-Laurière et Tulle ont été maintenus. En outre, ce plan impliquait une coordination au moins entre les Etablissements Publics Régionaux d’alors – Auvergne et Limousin – qui n’a pas réellement abouti.

Lavoûte-sur-Loire – 25 septembre 1995 – Une liaison Saint-Etienne – Le Puy confiée à un X2800 renforcé de 2 XR6000 – XR6200. La rénovation de ces autorails et l’apport de nouvelles remorques avait un peu amélioré le service… quand il était maintenu. (Cliché M. Beitelsmann)

Did you like this? Share it!

10 Commentaires sur “Un plan ferroviaire pour le Massif Central ?”

La perspective des élections régionales ? En tout cas, du bon sens…………………..bien tardif.

Les responsables de ces régions (Présidents (et Vice-Président chargés des transports) pourraient par exemple présenter une carte des besoins qu’ils jugent indispensables . Les lignes TET ? Oui, mais ces lignes sont actuellement en travaux pour améliorer les vitesses (justement), et en perspective du nouveau matériel, les Oxygènes. Rien à reprocher à ça, bien au contraire. Simple conseil (pour l’ Etat et AURA) : peut-être en profiter de résoudre le « problème de Gien », où le changement de courant semble poser des problèmes depuis plusieurs années – et provoquer parfois (et de façon trop visible) de monstrueux retards aux Paris – Clermont.

Pour ce qui est des « lignes fines de territoire » (qui relient de grandes villes (contradiction), ne surtout pas sacrifier l’axe Clermont – Limoges (comme vous le définissez), composante du Lyon – Limoges – Bordeaux. S’il existe déjà des Bordeaux – Limoges (bien Nouvelle-Aquitaine !), des Lyon – Montluçon – Limoges auraient un certain intérêt (par exemple éviter le détour par l’IDF). Bien-sur, les travaux urgents (Guéret – Montluçon) et prochains ( Montluçon – Gannat) seront indispensables. En tout cas, les populations du secteur n’ n peuvent plus des fermetures (exécutées et annoncées/envisagées). La question : desserte des gares de Saint Germain des Fossés, Gannat, et Saint Sulpice Laurière, ou shunts – mais sans nouvelle gare (Saint Germain Des Fossées) ou création de nouvelles à envisager pour les DEUX autres ?

Pour Clermont – Brive, dans un premier temps, rouvrir aux usagers la ligne du Mont Dore . Pour notamment les cures thermales… et le futur SERM Clermontais. Déja ça se serait bien ! Et, si par la suite un peu d’ambition se manifeestait… (l’ espoir fait vivre).

Pour l’est de Clermont, faut-il reparler de Clermont – Saint Etienne ? Ses extrémités périurbaines (pour Thiers d’un coté, Montbrison et Boën de l’ autre), son lien entre deux grandes villes (146000 et 1730000 (chiffres « villes » uniquement), et ses possibilités de détournements en cas de suspension de circulations de l’ itinéraire via Roanne ?

Le minimum à envisager pour le Massif Central.

Gien : le problème n’est pas sur l’infrastructure mais sur les BB26000 qui n’aiment manifestement pas changer de tension d’alimentation. Les rames Oxygène le règleront.
Clermont – Limoges, c’est une proposition pour recentrer la réflexion, plutôt que de ne se focaliser que sur Lyon – Bordeaux. Ceci étant que ce soit Lyon – Limoges ou Clermont – Limoges, il faudra un accord entre les deux Régions pour l’organisation de la desserte et les modalités de contractualisation.
Concernant les rebroussements :
– Saint-Germain-des-Fossés a déjà son raccordement direct (pas forcément des mieux conçus pour la signalisation et la réduction réelle du temps de parcours).
– Gannat, il y a de la place, mais cela reviendrait à excentrer la desserte. Se poserait surtout la question de l’usage de cette gare excentrée puisque la gare existante resterait desservie par les Montluçon – Clermont et les Gannat – Clermont.
– Saint-Sulpice-Laurière, le sujet est très ancien et n’est jamais allé au bout. Ce serait évidemment le moyen de récupérer du temps sur Limoges – Guéret et au-delà, la gare restant desservie par les Limoges – La Souterraine – Châteauroux.

Clermont – Brive, pas forcément prioritaire dans la situation actuelle : essayons déjà de ne pas perdre ce qui est exploiter. Le Mont-Dore dans le SERM de Clermont, il ne faut pas pousser… Clermont – Saint-Etienne, même chose, commençons par consolider les dessertes de Thiers et de Boën…

Le Mont Dore dans le SERM Clermontais, pourquoi pas ? Le Mont Dore est dans l’ arrondissement d’ Issoire……….qui est dans le SERM Clermontais, justement.

Pour Saint Étienne – Clermont, justement un peu d’ ambition . N’ oublions pas que cet itinéraire peut remplacer temporairement celui de Roanne, pour les Lyon – Clermont……….voire même vers Montluçon (Limoges), si besoin est.

A propos de Limoges : « un accord entre deux régions ». Hé bien justement, elles sont trois à adresser ce courrier.

Ce qui compte essentiellement dans la définition du périmètre d’un SERM, c’est l’intensité des flux quotidiens sur l’axe considéré.
Saint-Etienne – Clermont : un peu d’ambition, mais surtout des moyens. Avoir des ambitions sans moyens n’aboutit à rien.

Des moyens, mais ils existent . Mais pas dirigés « aux bons endroits ».

les 26000 rencontrent-elles des incidents ailleurs qu’à montargis lors du changement de tension ?

La ligne Est-Ouest du SERM de Clermont-Ferrand pousserait jusqu’à pontgibaud. Cela suppose donc la remise en état de la section volvic-pontgibaud, indépendamment d’un eventuel plan rail massif central

Sur les autres TET non, puisqu’il s’agit de liaisons intégralement sous 1500 V. Sur le fret, la situation a l’air moins compliquée. Un problème sur la maintenance des machines ?

Effectivement, Rail-Passion d’ avril ou mai parlait de futurs SERM Auvergnat – Rhône-Alpins (pas de Lyon !?), dont Clermont-Ferrand . Pontgibaud à L’ Ouest, La Monnerie à L’ Est, sont envisagés comme terminus.

La fréquence aux 2 heures me paraît être indispensable si l’on
veut un minimum d’attractivité et de flexibilité. Et ceci doit
s’appliquer, sinon à toutes les lignes, du moins aux lignes
structurelles, c’est-à-dire celles assurant un maillage
géographique.

Certains trajets
étant souvent de longue durée, l’ajout de missions partielles en
début et fin de journée permettrait d’augmenter l’amplitude
qui, sans ça, risque d’être caricaturalement inadaptée aux
besoins de base. Je pense notamment aux lignes Clermont – Toulouse
(6h) et Clermont – Nîmes (5h).

Pour la ligne des Cévennes, il faut aussi prendre en compte les liaisons Clermont – Le Puy et Nîmes – Alès – Mende. Sur la partie centrale, de Saint-Georges-d’Aurac à La Bastide, un 5ème aller-retour coûterait de toute façon une rame.
Pour Clermont – Toulouse, c’est différent car il y a déjà les relations Clermont – Aurillac et Figeac – Toulouse.

Laisser un commentaire