Prudemment reporté après les élections municipales, le nouveau rapport du Conseil d’Orientation des Infrastructures était évidemment très attendu, plus encore dans un contexte de plus en plus chamboulé par l’imprévisibilité de la conjoncture mondiale. C’est un exercice d’équilibriste, car ses conclusions peuvent donner lieu à des interprétations et des récupérations politiques sinon politiciennes. La période est – malheureusement – propice et le sens de la nuance de moins en moins partagé.
S’il fallait le résumer rapidement, les investissements ferroviaires ne sont toujours pas à la hauteur des enjeux et des précédentes annonces (le dernier rapport du COI n’a que 3 ans), tandis que l’augmentation des coûts, notamment par le contexte géopolitique mondial, et les retards sur les projets en cours consomment une part significative de ces moyens. Dans le domaine des transports urbains, la moindre implication de l’Etat avec ses appels à projets, affecte la dynamique de développement des réseaux, alors que la demande est plus que jamais d’actualité. Le Premier ministre ne vient-il pas d’aborder la nécessité d’électrifier les mobilités pour moins dépendre des turpitudes sur les énergies fossiles ? Que n’a-t-on pas fait depuis la dernière crise (qui ne remonte qu’à 2022 !) ?
D’une certaine façon, le COI incite à changer de focale et de préparer l’avenir autrement qu’en ne regardant les effets à très court terme sinon immédiats. L’extrême prudence gouvernementale concernant le prix des carburants ne devrait pas être que la conséquence d’une incapacité budgétaire mais aussi, surtout, la traduction d’un changement de paradigme. Mais nous sommes probablement trop ambitieux, peut-être moins à l’égard de nos élus que d’une partie de leurs administrés…
Pour aller plus loin, Quai numéro 2 vous propose son dossier sur la partie ferroviaire de ce rapport, qui ne va pas manquer de susciter des réactions politiques.
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