Bordeaux : le tramway sur le pont Chaban-Delmas ?

Dans le sillage des déclarations du nouveau maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole (voir notre article du 17 avril dernier), une consultation a été engagée pour une assistance à maîtrise d’ouvrage afin de déterminer les évolutions potentielles du réseau de tramways. Parmi les réflexions « sur le dessus de la pile », figure la création d’une nouvelle liaison entre les deux rives de la Garonne par le pont Jacques Chaban-Delmas. Ironie de l’histoire, c’est ce maire de Bordeaux de 1945 à 1995 qui a tant fait à la fois pour supprimer le réseau historique et pour empêcher le retour de ce mode de transport sous une forme moderne.

Plusieurs hypothèses sont esquissées (voir l’article de Sud-Ouest du 3 septembre dernier), toujours en antenne sur les lignes existantes :

  • depuis Galin (lignes A et E) vers Cité du Vin puis le terminus Berges de Garonne (ligne B) ou vers Cracovie (ligne C) ;
  • depuis Cité du Vin (ligne B) vers la gare de Cenon (lignes A et E) ;
  • depuis Les Aubiers (ligne C) vers Cité du Vin puis la gare de Cenon ;
  • depuis la place Ravezies (ligne C) vers la gare de Cenon également, mais avec une desserte amorcée au Parc des Expositions, actuel terminus nord de la ligne C.

Dans son étude bordelaise, Quai numéro 2 proposait plus simplement la création d’une première section Gare de Cenon – Place Ravezies, première étape d’une rocade qui se poursuivrait sur les boulevards en remplacement du Bus Express H, en direction de l’hôpital Pellegrin, puis la gare de Talence Médoquine et enfin le domaine universitaire (station Arts et Métiers), moyennant probablement une section en voie partagée de 900 mètres car le site propre pour tramway obtenu par élargissement de la chaussée dans un vignoble réputé de Pessac s’annonce quelque peu improbable. Ce nouvel axe de rocade nord-ouest, long de 13 km, serait en correspondance avec toutes les autres lignes de tramway, délestant le cœur du réseau et améliorant le service sur les boulevards.

Notre scénario propose aussi que la section Gare de Cenon – Cité du Vin soit utilisée par une ligne en direction des Quinconces, complétant la ligne B et proposant un second itinéraire via Bacalan entre le centre historique et Cenon en 15 minutes environ, comme aujourd’hui par la ligne E via le pont de Pierre, dans l’attente d’une liaison vers Galin à repositionner dans une desserte de la partie basse de Floirac vers l’Arena et le centre commercial de Bouliac.

La première section Gare de Cenon – Place Ravezies, longue d’environ 4,5 km, serait donc à double usage radial et tangentiel, et donc à forte utilité potentielle. Elle conforterait aussi la gare de Cenon comme tête d’entrée nord de l’agglomération, en proposant une liaison supplémentaire plus rapide vers les quartiers nord de la ville.

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17 Commentaires sur “Bordeaux : le tramway sur le pont Chaban-Delmas ?”

Content de voir que le tramway revient « en odeur de sainteté ». Par contre, déçu 😞 de voir les hésitations pour électrifier La Grave – Saint Mariens.

Il faut espérer que la petite poussée de fièvre sur le métro soit passée.
La Grave – Saint-Mariens, que voulez-vous ? Le cadre de financement des investissements sur le réseau, surtout quand il s’agit de développement, reste à repenser, mais avec les faibles capacités résiduelles de l’Etat et des Régions, cela s’annonce difficile.

On pourrait imaginer (un peu vite ?) que l’optimisation des roulements de matériels roulants pourraient générer des économies ; mais des économies faites ne sont pas forcément des euros disponibles pour investir, malheureusement.

Cet article gagnerait en lisibilité avec des cartes ou schémas, pour illustrer ce qui est à l’étude, et ce que propose le dossier Quai N°2 (sauf erreur de ma part, le dossier est illustré d’une carte des barreaux de lignes à créer, mais pas des lignes commerciales telles qu’elles pourraient être exploitées)

Bonne remarque… Dans un premier temps, voir l’article de Sud-Ouest. Pour la suite, on y travaille.

Effectivement, l’ article de Sud-Ouest est instructif.

Des tramways sur le pont CHABAN-DELMAS, ce serait en effet sacrément ironique, une sorte de revanche de l’histoire… En matière de TC et de ferroviaire, le père de la « nouvelle société » ne fut pas vraiment pas une référence, même si ses positions dans ce domaine n’ont pas atteint les bas fonts inégalables de feu Michel CHAUTY (ex-maire de Nantes).

Il ne faut pas se limiter à quelques personnalités. Tant d’élus locaux et nationaux n’ont guère été d’ardents défenseurs des transports publics mais c’était aussi l’air du temps.

Jacques Chaban-Delmas a été maire de Bordeaux de 1947 à 1995 (soit pendant 47 ans). Alors certes il a été maire à une époque où le tramway n’était plus tendance, mais également au moment où ce moyen de transport revenait en France sous forme modernisée. Inspiré des exemples nantais, grenoblois ou strasbourgeois, la question de la création d’un nouveau réseau de tramways dans Bordeaux s’est posée à la fin des années 80 et début 90. Face à des partisans du retour du tramway, il a alors sèchement répondu « C’est moi qui ai fait enlever en 1958 le tramway de Bordeaux, ce n’est pas pour en refaire un. » .
C’est pourquoi le passage du tramway sur le pont qui porte son nom est ironique quand on connaît les positions qu’a eu Jacques Chaban-Delmas sur ce mode de transport.

Par contre, je pense qu’il y a un autre pont (récent en plus) à Bordeaux qui mériterait d’accueillir le tramway, le pont Simone Veil. Ce pont prolonge les grands boulevards qui ceinturent le centre-ville. On pourrait avoir à terme une ligne de tram ceinturant le centre-ville bordelais et empruntant le pont Simone Veil. Ensuite on prolonge à travers Floirac et on rejoint le terminus actuel occidental de la ligne E.

Sur le pont Simone Veil, oui sur le principe. La traversée de Floirac ne serait pas simple et la montée pour rejoindre le terminus Dravemont encore un peu plus.
Sur la position de Jacques Chaban-Delmas, c’est la démonstration que l’hyper-longévité en politique n’est pas forcément souhaitable.

Je verrais bien une infra tramway
Floirac Dravemont – av de Branne – boul Entre Deux Mers – rue du Recteur Thamin – boul Joliot Curie – pont Saint Jean – rue Charles Domercq – Gare St Jean

Au nord de Floirac, les rames continueraient vers Lormont,
Au sud, arrivées près de la gare St Jean, elles vireraient sur le rue St Vincent de Paul, puis Cours de la Marne (réservé aux trams, modes doux et desserte des riverains) – Place de la Victoire – voies ligne B vers le campus universitaire.

Intéressant sur la partie nord (de Floirac à la gare). A partir de la Victoire, plus compliqué compte tenu d’une fréquence déjà très élevée sur la ligne B et la difficulté à réduire la capacité vers l’hypercentre (Pey-Berland, Quinconces).

Si j’en crois le site TBM, la fréquence est 3 à 5 minutes sur cette ligne B, ce qui fait 12 à 20 rames /heure/sens.
On doit pouvoir en rajouter environ 8/h/sens (j’ai même vu plus fréquent ailleurs).
La ligne de bus G qui emprunte le cours de la Marne entre la place de la Victoire et la gare est réputée avoir entre 7,5 et 10 circulations/h/sens

On peut supposer qu’une partie de la fréquentation de la ligne de tram B est le fait de voyageurs souhaitant aller vers la gare St Jean, et utilisant la ligne de bus G précitée.

Bien sûr, à plus long terme continuer la ligne de tramway sur les cours Aristide briand, d’Albret, etc… serait éminemment souhaitable

On descend même sous les 3 minutes en hyperpointe. C’est quand même assez tendu. En outre, le raccordement entre le cours de la Marne et le cours de l’Argonne pourrait être un peu complexe.
La correspondance à la Victoire est plausible. La liaison directe serait une option.

S’arrêter juste à l’entrée de la place de la Victoire a été ma première idée.
De toute façon, le franchissement de cette place, qu’on tourne vers les rails du tram B et vers le campus, ou qu’on prolonge tout droit vers le cours Aristide Briand sera complexifié par la présence du parking sous la place.

sur l’axe Gare Saint Jean – Victoire 281 bus circulent entre 5h et 1h le lendemain ce qui fait en moyenne un bus toute les 4,16′ (Ligne G, 1 et 20) à partir des Capucins et toujours sur le cours de la Marne vers la Victoire ont au cumul (lignes G,1,15,20,23) avec 415 passages de bus par sens soit sur la même amplitude un bus toutes 3 min.

Information intéressante.
Du coup, je suis allé explorer quelques données du réseau de Prague (découvert personnellement il y a une douzaine d’années) :
Prenons par exemple la magistrale ouest – est qu’est la ligne T9.
Environ 205 trajets par jour sur un sens, dont 15/h/sens sur 2 heures de pointe du matin et sur 3 heures de pointe de fin d’après-midi.
Cette ligne partage les voies sur ses divers tronçons avec successivement les lignes de tramways :
10,16,
12,15,20,
22,23,
2,18,22,23,
3,5,6,14,24,
5,15,26,
5,10,11,19,
1,11
(ce sont des données et le plan en 2023, ça a pu changer depuis)
Je n’ai pas regardé le détail du nombre de services sur toutes ces autres lignes, mais on trouve ça sur internet : on est fréquemment à 100 / 120 trajets/jour/sens.

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