IDF : combien de lots pour les tramways ?

Changement de pied pour Ile-de-France Mobilités qui doit déterminer la consistance des lots mis en appels d’offres pour l’exploitation des lignes de tramways. Le premier schéma prévoyait 3 lots : T1 + T2, T3, T5, T6, T7 et T8. Les lignes T9 et T10 étant récentes et déjà gérées par leur propre contrat, elles n’étaient pas concernées.

Il était assez évident que l’ensemble T5 – T6 – T7 – T8 était intenable compte tenu de l’extrême dispersion des lignes et des différences technologiques. Désormais, IDFM envisage un lot de plus, en regroupant T5 et T8 dans un premier, T6 et T7 dans un second. Autre élément, T10 pourrait à terme rejoindre le lot consacré aux lignes parisiennes, malgré son éloignement géographique.

C’est.. moins pire, mais certainement pas idéal puisque l’autorité organisatrice reconnaît qu’il y aurait un surcoût non négligeable par rapport à une gestion par un unique opérateur, qui n’est déjà pas idéale du seul fait de la dispersion de petites unités d’exploitation et de leur diversité technique. Si encore il y avait plusieurs sous-réseaux continus et techniquement homogènes, l’allotissement serait un peu moins difficile et moins onéreux.

On arrive donc aux limites du schéma de mise en concurrence : il est gérable avec des autobus car il n’y a pas d’infrastructures à partager en ligne, hormis les dépôts.

Antony – Avenue Charles de Gaulle – 19 avril 2026 – La ligne T10 a été réintégrée aux réflexions sur l’allotissement des lignes de tramway, dans la perspective de la fin de l’actuel contrat. Mais l’éparpillement des lignes est source de surcoûts… (Cliché Quai numéro 2)

A tout le moins, il serait probablement plus intéressant de décloisonner les modes de transport et de constituer des lots intégrant bus et certaines lignes de tramways isolées, comme c’est le cas pour T9 et T10. Au-delà, un maillage des lignes de tramways sous-entendrait une certaine unicité opérationnelle. La situation francilienne est donc le résultat d’une absence de planification coordonnée, d’un schéma directeur des tramways, du fait d’une gouvernance des projets non pas par l’autorité organisatrice mais par les Départements sans coordination.

Si on ajoute à ce point de départ l’incapacité à conduire les projets dans des délais corrects (le prolongement de T1 à Val de Fontenay pourrait encore être différé), un délaissement de plus en plus prononcé pour les lignes de surface (pour les tramways, voir l’état des voies et l’exploitation plombée par une médiocre priorité aux carrefours) et l’absence de tout nouveau projet autre que ceux déjà connu depuis près de 30 ans, cette situation ne s’améliorera donc malheureusement pas de sitôt.

L’alternative serait donc doublement disruptive… et de longue haleine puisqu’il faudrait un schéma directeur, une mise en cohérence des infrastructures et du matériel roulant et une révision des principes de gestion – unifiée – des services.

Consultez également notre dossier sur les tramways parisiens.

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5 Commentaires sur “IDF : combien de lots pour les tramways ?

Le tram devrait être le moyen de transport francilien à développer post grand paris express
mais pour changer, IdFM prends des décisions comment dire ?
Discutables

Tant qu’il n’y aura pas une réorganisation profonde du pilotage des projets, il ne faudra rien attendre.

De toute manière, on le voit bien, tous les sujets en IDF sont effacés au profit du GPX. On voit bien par exemple l’apparition de la ligne 19 à la demande des élus départementaux alors que non prévue de base. Le T11 va en pâtir même si dans un monde idéal, les deux se justifieraient.

Si, la « libéralisation » (« ouverture à la concurrence » serait beaucoup plus juste et précis) a du sens, mais il aurait fallu éviter ce dogme de séparer les bus et les tramways. Le découpage géographique a du sens pour les bus, il en aurait beaucoup plus en y intégrant le tram. La DSP37 (Bièvre) qui intègre le T10, et encore plus la DSP47 (Seine Orly, qui démarre le 1er août) avec le T9, ne sont pas à considérer comme des « erreurs », mais au contraire des modèles, avec une couverture globale d’un bassin, des possibilités de substitution du tram par le bus sans aller chercher un autre prestataire…
Mais il semble que le silotage d’IDFM ait conduit à un silotage un peu hors-sol des DSP…
Le T6 pourrait être dans la DSP 27 (Vélizy Vallées), le T7 dans la DSP46 (Pompadour), le T8 dans la DSP 43 (Plaine Commune), et le T10 dans un lot regroupant DSP37 (Bièvre) et DSP40 (Croix du Sud).

Tant qu’on reste dans un schéma avec des lignes de tramways très isolées les unes des autres, ce serait évidemment souhaitable pour traiter les cas particuliers. En revanche, quand il y a amorce – fut-elle minimaliste – de réseau, c’est plus délicat. Si on prend l’exemple de T1 et T2, jusqu’où irait l’intégration bus-tram sans faire un lot de très grande taille ?

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