EuroAirport : la desserte ferroviaire ajournée

Le ministère français des Transports a annoncé le gel des financements de l’Etat pour le projet de ligne nouvelle desservant l’aéroport international de Bâle – Mulhouse. Longue de 6 km, elle se place à l’ouest de l’actuelle ligne Mulhouse – Bâle, en longeant l’autoroute sur la commune de Saint-Louis. Elle se raccorde au nord de la gare de Saint-Louis. Le coût du projet est estimé à 266 millions € aux conditions économiques de 2017 et à 475 M€ à horizon de sa réalisation.

Le projet avait pourtant été déclaré d’utilité publique en mars 2022 et fait l’objet d’un accord franco-suisse en mars 2024 pour son financement et le schéma de desserte, intégré au RER bâlois Trireno. La section nouvelle aurait été empruntée par 6 trains par heure des lignes Strasbourg – Bâle, Mulhouse – Liestal et Aéroport – Laufen, ces deux dernières faisant partie du RER. Les voies actuelles auraient été dédiées au fret et aux liaisons longue distance (notamment les Lyria Paris – Zurich).

Officiellement, le projet n’est pas abandonné mais il est sérieusement différé, par une décision unilatérale de la France dont il faudra suivre les conséquences notamment avec la Suisse, premier contributeur du projet, avec une participation de 151 millions €. La moitié des voyageurs de la nouvelle gare viendra de Bâle et de ses alentours, pas seulement pour aller à l’aéroport mais aussi pour accéder aux entreprises et aux emplois autour de celui-ci.

Le coût du projet apparaît très élevé mais l’accord de 2024 sur le financement de l’infrastructure nouvelle a vu son périmètre élargi, en intégrant des évolutions sur la ligne existante et la rénovation de la gare de Saint-Louis.

Ce report pourrait influer sur le projet du RER bâlois, notamment de sa branche nord vers la France, et peut-être susciter un regain d’intérêt pour un projet jusqu’à présent considéré complémentaire : le prolongement de la ligne 3 des tramways de Bâle, faisant actuellement terminus à la gare de Saint-Louis, vers l’aéroport. Esquissée à horizon 2030 lors de l’arrivée de ce tramway suisse en France, en décembre 2017, il ne faut peut-être pas écarter qu’il soit relancé, même si sa fonction se révèle plus locale du fait d’un temps de parcours potentiel de l’ordre de 25 à 30 minutes depuis le centre de Bâle.

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3 Commentaires sur “EuroAirport : la desserte ferroviaire ajournée

Euh 475 millions pour 6 km ? Rassurez-moi c’est une faute de frappe ?80 millions du km et pas en souterrain ?

Le projet prenait un an de retard tous les 1 ou 2 ans, on pouvait déjà considérer qu’il était différé indéfiniment…
J’ai l’impression que le coût a encore augmenté, sans grande surprise. On peut notamment comparer à Roissy-Picardie, de même longueur mais globalement plus simple (pas de gare à construire et moins de voies routières à reconstituer et adapter au fil du chantier, le tout en maintenant la route dounaière).

Concernant le coût, il faut justement avoir en tête qu’un an de retard, c’est une année d’inflation en plus… Dans les articles qu’on peut retrouver datant de 2017, il était question de 360 M€, mais probablement aux conditions économiques de 2015 au mieux. En outre, comme ajouté dans l’article, le programme a été étendu à d’autres investissements (comme la modernisation de la gare de Saint-Louis).

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