France – Italie : accord pour la vallée de la Roya

Petit rappel historique : au titre des dommages de guerre, la frontière franco-italienne avait été rectifiée en 1947 dans la haute vallée de la Roya. La convention du 24 juin 1970 avait défini les conditions de remise en service de la ligne reliant Vintimille à Cuneo par Breil-sur-Roya, reliant des territoires italiens en passant par la France. Elle avait été dénoncée en 2012 par l’Italie, la jugeant trop déséquilibrée. Il en résultait une dégradation de l’infrastructure, entretenue à minima.

La nouvelle convention repose sur un financement au prorata des circulations de chaque partie concernée : la Région PACA pour les trains vers Nice et la Région du Piémont pour les services italiens Cuneo – Vintimille.

A la clé, l’espoir de relancer les travaux de rénovation de la ligne, estimés actuellement à environ 80 millions €, de renouer avec les performances nominales, puisque la ligne autorise une circulation à 80 km/h (seulement 40 km/h actuellement), et de dessertes supplémentaires.

Actuellement, on ne compte que 4 liaisons Vintimille – Cuneo opérées par Trenitalia et 2 Nice – Tende opérés par SNCF Voyageurs, complétés par 6 allers-retours en autocar entre Breil et Tende, le tout assez mal coordonné à Breil.

Fontan – 28 mai 2016 – Deux AGC descendent, à 40 km/h, vers Nice et vont entrer dans le tunnel hélicoïdal rattrapant la différence d’altitude. Le secteur est équipé de filets de détection des chutes de rochers. (Cliché Quai numéro 2)

Une première évolution porterait la desserte Nice – Tende à 4 allers-retours, avec une correspondance ajustée entre les Vintimille – Cuneo et les Nice – Breil pour doubler le nombre de liaisons possibles entre Nice et la vallée de la Roya. Par la suite, il pourrait être intéressant de proposer 2 allers-retours directs de Nice au moins jusqu’à Cuneo pour rejoindre Turin par une seule correspondance, voire – soyons fous – proposer une liaison directe Nice – Turin. C’est un peu plus difficile car il faudrait un matériel roulant apte à circuler en France et en Italie, de préférence bimode pour utiliser le 3000 V présent de Turin à Limone.

Voir notre reportage sur les lignes du Piémont italien.

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6 Commentaires sur “France – Italie : accord pour la vallée de la Roya

Vu sur les réseaux des associations locales, le planning envisagé est le suivant :
2028 à 2030 : confortement d’ouvrages et premiers travaux de voie pour revenir à la vitesse nominale
2033 : travaux dans une douzaine de tunnels
D’ici à 2040 : régénération complète de la voie

Il est également prévu une partage des coûts équitable au prorata du nombre de trains circulant, que SNCF Réseau gère l’infrastructure du tronçon français, et que RFI s’occupe des sillons aussi bien français qu’italiens (peut être pourra t on espérer de meilleurs horaires pour les Nice-Tende)
Au sujet des trains transfrontaliers, il avait été question après la tempête Alex d’une signalisation particulière et de dérogations pour que les AGC puissent accéder au moins à Limone, mais on n’en entend plus parler depuis un moment. D’ailleurs, pour des Nice-Cuneo voire Nice-Turin, quel matériel serait envisageable ? Une déclinaison franco-italienne des Regiolis franco-allemands ? Ou rame tractée avec location d’une locomotive bimode ?

Expérience personnelle, j’ai pris hier après midi pour la première fois Nice-Breil depuis les nombreux travaux. Cadence horaire, AGC rénovés, voie modernisée et ponctualité irréprochable, un trajet très agréable et sans-faute !
A vue d’œil une petite centaine de voyageurs au départ de Nice, des montées/descentes régulières au fil du parcours, et une soixantaine de personnes à l’arrivée Breil.
Bref, cette partie de la ligne semble avoir réussi sa « renaissance », espérons que cela se maintienne dans la durée et que cela puisse inspirer d’autres petites lignes comparables ailleurs en France

L’augmentation de la desserte sur Nice – Breil doit aussi jouer en faveur d’un accroissement de la fréquentation.
Pour le matériel roulant, c’est un peu compliqué. Un peu plus au nord, pour maintenir la liaison directe Besançon – La Chaux-de-Fonds, les CFF ont accepté l’installation de balises KVB pour recevoir des matériels non équipés ETCS niveau 1. Pourrait-on appliquer le même principe sur Tende – Limone ? Pas certain, mais ce serait l’option « bricolage » pour avancer en attendant mieux.
Pour le cas italien, compte tenu de l’échéance à laquelle on raisonne, il faut d’abord prendre en compte la trajectoire d’équipement ETCS côté italien (puisqu’ils vont tout équiper…). Et il est probable que le marché du Régiolis aura été clos d’ici-là…
Bref, il y a un petit sujet à creuser pour un prochain article.

Hum, pour la dernière photo : les deux AGC ne montent-ils pas sur Tende, plutôt ?

Autrement, une bonne nouvelle……….qui demande confirmation des travaux.

Non, c’est un train pour Nice avant l’entrée dans la boucle qui permet de descendre vers la gare de Fontan – Saorge.

Faut-il rappeler que les italiens avaient intégralement financé la reconstruction de la ligne, après guerre. Une question: pourquoi la région de ligurie, à laquelle appartient vintimille n’est elle pas associée au financement de cuneo – vintimille?

Pour la desserte Cuneo – Vintimille, bonne question. Supposition : est-on dans un schéma où le financement des dessertes se fait uniquement selon les limites géographiques, ou n’y a-t-il qu’une seule autorité organisatrice sur une liaison interrégionale ?

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