Le premier téléphérique francilien, Câble 1 (C1), sera mis en service le 13 décembre prochain. Longue de 4,5 km, la liaison entre le terminus de la ligne 8 du métro à Créteil Pointe du Lac et le quartier Villa Nova à Villeneuve Saint-Georges est en cours de préparation. Elle est dotée de 105 cabines d’une capacité de 10 places pour transporter 11 000 voyageurs par jour, avec un intervalle de l’ordre de 30 secondes et un trajet en 20 minutes, desservant 3 stations intermédiaires. La terminologie courante le qualifie de téléphérique mais il s’agit précisément d’un télécabine à attaches débrayables.
Ce choix s’est imposé par les contraintes de site, notamment la présence d’une importante coupure urbaine avec la Grande Ceinture, les voies de service de Valenton et le réseau de voies rapides routières. La ligne C1 ne comprend que 30 pylônes. C’est à ce stade le seul projet concrétisé parmi la douzaine étudiée en Ile-de-France.
Dans les autres villes, à l’exception des équipements en montagne, y compris à Grenoble, le transport urbain par câble n’a été adopté – avec des solutions techniques différentes – que dans 4 villes pour l’instant. Brest a été la première, pour franchir l’estuaire du fleuve Penfeld créant une profonde incision dans la ville. Puis Toulouse a choisi cette solution pour relier l’université Paul Sabatier et l’Oncopôle, en survolant la Garonne, plutôt que de créer un nouveau pont.
Ensuite, à La Réunion, Saint-Denis s’est aussi dotée en 2022 d’un système de télécabines sur 2,68 km desservant 5 stations, entre les quartiers du Chaudron et du Bois-de-Nèfles. La ligne comprend 46 cabines de 10 places. Une seconde liaison sera mise en service en 2028 sur 1,3 km entre Bellepierre et La Montagne.
Le 2 octobre, est mis en service le téléporté d’Ajaccio, entre les quartiers de Saint-Joseph et de Mezzavia, avec 4 stations, desservies par 34 cabines de 12 places.
D’autres villes ont envisagé une telle solution. Il en fut question à Orléans, pour relier la gare des Aubrais à un projet de quartier situé à l’ouest du faisceau ferroviaire. Ce fut aussi le cas à Lyon pour la desserte de l’ouest de l’agglomération, plutôt en réplique à la proposition d’une nouvelle ligne de métro, mais avec un tracé assez long entre Francheville, la presqu’île voire Gerland.


Cependant, le téléphérique (ou affilié) est un mode de transport de vitesse peu élevée : à Créteil, 4,5 km en 20 minutes, c’est une vitesse moyenne de 13,5 km/h. Une ligne de bus disposant de voies réservées, de sites propres et d’une priorité aux carrefours, au moins sur les points les plus critiques, peut faire mieux et avec un moindre investissement. A Toulouse, la vitesse atteint 18 km/h. C’est déjà mieux.
Il est donc plutôt à envisager sur des distances courtes, et notamment quand il s’agit de franchir des obstacles naturels ou de vastes infrastructures, et sur des tracés évitant de survoler de trop près des habitations. Les 4 réalisations françaises constituent un premier panel assez représentatif du domaine de pertinence de ce type de solution.
7 Commentaires sur “Ile-de-France : le Câble 1 en décembre”
AugLou
Par contre
Ce n’est pas un téléphérique, contrairement à Brest (téléphérique va et vient) et Toulouse (téléphérique 3S), mais un télécabine.
Un téléphérique se caractérise par une séparation entre le câble tracteur et le ou les câbles porteurs. Ici il n’y a qu’un seul câble, à la fois tracteur et porteur, c’est donc un télécabine.
La différence est importante car le télécabine est beaucoup plus sensible au vent et pourrait donc se retrouver fermé pour cette raison
Station4
Merci de la précision ! L’article va être précisé… même si dans le langage courant – et même celui employé par IDFM – on parle de téléphérique.
Qui ça ?
Vous citez les téléphériques de Brest et de Toulouse comme étant les seuls urbains en France. Mais il y a également celui de Saint-Denis de la Réunion. Et si j’en crois Wikipédia, demain (2 octobre) sera inauguré le téléphérique d’Ajaccio, donc avant l’entrée en service du téléphérique Cable 1.
Station4
En effet !
Qui ça ?
Il faut également modifier la légende de la photo du téléphérique de Toulouse car elle est erronée. Les téléphériques de Saint-Denis la Réunion et celui d’Ajaccio ont également des stations intermédiaires …
T33b
La vitesse moyenne du câble 1 est particulièrement faible en raison du choix d’une technologie type télécabine.
Le téléphérique 3S de Toulouse est déjà plus rapide, atteignant 18 km/h de moyenne. Certes, une interstation importante favorise une telle vitesse commerciale…mais cette technologie atteint sans problème 8 m/s (28,8 km/h), et celui de toulouse atteint au plus 6,4 m/s (19,2 km/h).
Le domaine de pertinence est peut-être un peu plus large qu’une « simple » alternative au bus…sans pour autant vouloir en mettre partout.
Qui ça ?
Et dommage que le téléphérique câble1 n’aille pas jusqu’à la gare de Villeneuve-Saint-George. Il ne manque que 1.5 km et ça aurait chargé la ligne par ses deux extrémités …