Ouvert en 1976, le Centre d’Echanges de Lyon Perrache est un des héritages de l’urbanisme pradélien, fierté du maire Louis Pradel, qui s’enorgueillissait de diriger la première ville française qu’on pouvait traverser sans rencontrer un feu tricolore.

Résultat de la transformation – du massacre ? – du cours de Verdun pour la jonction A6 – A7, il accueille aussi le terminus de la ligne A du métro, implanté au niveau de la chaussée, le tunnel émergeant sur la place Carnot, habillé par des escaliers et un bassin en cascades, mais aussi la gare des autobus, des parkings, des commerces (en partie fermés) et un jardin en partie supérieur. L’ensemble a évidemment été décrié par les lyonnais – certains le qualifiant de « boîte à chaussures » – même s’il faut lui reconnaître son caractère fonctionnel.
Pour l’époque, le terminus des autobus, rejoint par le métro en 1978, était particulièrement novateur et confortable, rompant avec des installations minimalistes : songez qu’il n’y avait même pas de banc sous les abris aux arrêts du cours de Verdun !
Verrue urbaine, le CELP a doublé l’effet de coupure créé en 1854 avec les voies ferrées et la gare de Perrache, en travers de la presqu’île. A Lyon, on disait encore il y a peu « derrière les voûtes » en parlant du cours Charlemagne et de l’actuel quartier du confluent qui accueillait notamment le marché-gare et la prison Saint-Paul.
Depuis plus de 30 ans, les réflexions en vue de sa suppression ont régulièrement alimenté la chronique lyonnaise, mais il fallut se rendre à l’évidence : les parties latérales en béton exercent une pression compensant celle de la nappe phréatique, assurant la stabilité des trémies routières. L’enfouissement du métro impliquerait une reprise en amont du tunnel compliquant l’exploitation et la gestion du projet… La liaison autoroutière ne disparaîtra pas de sitôt, même s’il s’agit désormais d’une voie métropolitaine.
Le projet retenu se concentre sur la reconfiguration de la place Carnot, en conservant l’émergence du cadre du métro, et sur la démolition de la partie centrale du CELP, constituée d’une structure essentiellement métallique. Ainsi sera dégagée une ouverture vers le sud sur la place Carnot : on verra à nouveau la gare de Perrache.
Les deux parties en béton seront reliées par un pont construit, dans le cadre d’un nouvel habillage de ces blocs.
D’un coût évalué à 130 M€, le projet, dont les premiers projets ont commencé mi-février, devrait être achevé en 2030.
One comment for “Lyon : transformation en vue à Perrache”
Bernard G
Bonjour,
Remarquons que seules les superstructures du centre d’échanges bâti dans les années 70 seront modifiées.
Les « plats de nouilles » autoroutiers qui couvrent les deux tiers du Cours de Verdun demeurent tels quels.
Et la gare SNCF qui barre tout autant le passage nord-sud reste à l’identique.