La ligne B du métro lyonnais semble connaître moins de problèmes d’exploitation de nature à perturber le quotidien de ses utilisateurs. C’est heureux. En revanche, il est difficile de ne pas constater que les rames avancent à une drôle d’allure. Quai numéro 2 avait déjà fait ce constat aux débuts du pilotage automatique intégral, mais aussi sur d’autres lignes, notamment à Paris (lignes 4 et 14), dans un dossier consacré aux automatisations.
Vous l’aurez compris, la période a été l’occasion d’une petite révision lyonnaise au cours de laquelle la situation de la ligne B a été auscultée. Les impressions sont plus que confirmées. La marche des trains est assez lente. Dès le départ des Charpennes, après le dégagement de l’aiguille, la rame se lance avec modération. Certes la station Brotteaux n’est guère éloignée. Mais dans l’autre sens, l’entrée en station se fait de façon très molle, alors qu’il s’agit de la zone la plus critique de la ligne, du fait du terminus à une seule voie. Pour maximiser la fréquence, il faut donc réduire au maximum l’occupation de l’intervalle Brotteaux – Charpennes.
Des Brotteaux à la Part-Dieu, les rames n’excèdent pas 40 km/h, alors qu’on circulait à 50 avant l’automatisation. Pire encore, l’interstation Part-Dieu – Place Guichard, où les rames atteignaient 70 km/h, est parcouru entre 35 et 40 km/h, vitesse également appliquée jusqu’à Saxe-Gambetta, autrefois à 55 km/h. C’est encore plus déroutant ensuite puisque la ligne droite Saxe-Gambetta – Jean Macé donne lieu à une flânerie à 30 km/h, alors qu’en sens inverse, les rames roulent 2 fois plus vite. On retrouve ensuite cette propension à la lenteur entre Jean Jaurès et Debourg, également à 30 km/h.

Au-delà, la conception de la marche sur Urbalis 400 reste assez mystérieuse, les rames ne profitant pas vraiment du profil entre Gerland et Oullins, quitte à donner des coups de frein assez désagréables pour les voyageurs en pleine rampe, et sans profiter d’un tracé évidemment compatible avec une circulation à 70 km/h.
La perte de temps pourrait paraître anodine, mais sur une ligne exploitée – pour l’instant – avec des MPL16 à 2 voitures, ayant pris la succession des MPL75 à 3 voitures, cette marche très inégale coûte, sur l’ensemble du trajet Charpennes – Hôpitaux Sud l’équivalent d’une fréquence. Il serait aussi intéressant d’évaluer l’impact énergétique, qui plus est avec le roulement sur pneumatiques.
Espérons que les adaptations à venir pour une exploitation à 4 voitures avec 2 MPL16 corrigeront ces paramètres…
One comment for “Métro de Lyon : l’étonnante marche de la ligne B”
nim
Franchement, ça ne semble pas bien difficile avec l’informatique moderne de calculer un profil d’accélération optimal. On est bien loin du minitel du temps de Maggaly.
Cependant augmenter la vitesse diminuerait les marges laissées à l’Urbalis pour prendre des décisions, et donc le risque de défaillance s’il fonctionne déjà en limite de capacité.
Visiblement cet Urbalis n’est pas au niveau, même en unités simples.