La concertation s’est achevée en début d’année et son bilan a été présenté le 24 juin dernier dans une atmosphère toujours aussi tendue et avec beaucoup d’irrationnel entre partisans et opposants au projet de réouverture de la section Bedous – Canfranc. Aussi, contentons-nous de quelques chiffres : les comptages de trafic routier sur la RN134, par la route sommitale et par le tunnel direct. Ils expriment factuellement l’intensité du flux de transport sur cet itinéraire.

Ainsi, au sud de Bedous, à hauteur de Lescun (point 6 sur la carte ci-contre), le trafic en 2023 (chiffres en bleu) était de 1954 véhicules légers et 423 poids lourds par jour, deux sens cumulés.
A l’entrée du tunnel (point 7), le dernier comptage date de 2021 (chiffres en rouge) avec 1131 véhicules légers et 341 camions. Sur l’itinéraire sommital (point 8), on ne comptait en 2023 que 421 véhicules légers et 14 camions par jour.
Donc 1552 véhicules légers et 355 camions par jour transitaient par le Somport en 2023. Soit en moyenne un camion toutes les 7 à 8 minutes par sens. C’est un trafic maigre surtout pour une route nationale.
En attendant, une nouvelle étape a été franchie : ADIF prend désormais la main sur les études de la section transfrontalière, notamment le tunnel du Somport, avec un contrat d’études de 93 millions €.
Il est sidérant de constater le fort soutien politique à ce projet, concernant des flux marginaux, alors que l’amélioration de la liaison ferroviaire franco-espagnole côté Atlantique, entre Hendaye et Irún n’en finit pas de ne pas avancer. Pendant ce temps, le trafic routier continue lui d’augmenter : 23 914 véhicules légers et 10 396 camions sur l’A63 au passage de la frontière.
Question de cohérence aussi : alors qu’on construit un tunnel sous les Alpes entre la France et l’Italie, les liaisons ferroviaires à travers les Pyrénées devraient passer par une ligne sommitale, à voie unique, actuellement non électrifiée, comprenant des rampes de plus de 40 ‰, n’admettant que des tonnages très réduits incompatibles avec une exploitation du fret économiquement rationnelle ?
Alors qu’il faut plus que jamais utiliser au mieux un argent public quelque peu rare, ne faudrait-il pas plutôt agir d’abord sur les itinéraires existants ?
- côté Atlantique : modernisation de la ligne Bayonne – Hendaye – Irún en lien avec la mise en place du double écartement par ADIF entre Hendaye et l’entrée de la ligne nouvelle du Y basque, avec au cœur du dispositif la reconfiguration de la gare de Hendaye ;
- côté Méditerranée : développement du trafic fret, déjà en nette progression, sur la ligne nouvelle entre Perpignan et Barcelone, avec reconfiguration des installations du Boulou et leur raccordement à celle-ci.


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