L’autoroute A69 enflamme les débats bien au-delà du seul bassin de Castres, avec beaucoup – trop ! – d’irrationnel dans les prises de position et des dérives violentes inacceptables. Cependant, ils sont révélateurs d’un schéma sociétal devenu trop binaire, rendant quasiment inaudible un propos pondéré et factuel. Dans le cas présent, il faut bien admettre que la radicalité – y compris physique – de certains opposants se traduit en miroir par une rhétorique marginalisant les oppositions construites. Il est devenu impossible d’argumenter contre l’A69 sans être taxé de barbare, selon le propre mot du ministre de l’Intérieur. La violence des uns comme des autres ne sert nullement les prises de position.
L’A69 révèle d’abord une faiblesse critique dans le processus de validation des projets, puis la persistance d’un discours vieux de plusieurs décennies quant aux vertus d’une autoroute sur le développement économique d’un territoire. A aucun moment, n’a réellement été sérieusement envisagée une évolution des transports publics, ferroviaires et routiers, pour la desserte du sud du Tarn… sauf quand la présidente de la Région a annoncé un coût pharaonique pour expliquer que l’A69 était un bon projet. Voilà de quoi d’une part sérieusement écorner son image favorable au chemin de fer, et d’autre part susciter encore un peu plus le doute sur l’intérêt de cette autoroute.
Avant d’être complété par un reportage sur place, le dossier de Quai numéro 2 commence par poser quelques jalons et structurer une alternative combinant trains et autocars pour la desserte de ce territoire.
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