
La section nouvelle du RER E sort de son anonymat (pas si relatif d’ailleurs) puisque depuis le 15 décembre 2024, tous les trains de la partie est de la ligne sont prolongés à Nanterre La Folie, mettant fin à la navette de rodage d’heures creuses entre Nanterre et Magenta, ouverte en mai.
Cette période n’a pas été avare en tracas d’exploitation, avec quelques soucis techniques, notamment au niveau du profilé aérien d’alimentation et de la signalisation, pourtant classique. Il faut donc espérer que cette nouvelle étape donne lieu à une mise en qualité de l’exploitation et à la résolution des défauts détectés pendant cette période.
Cette nouvelle étape est rendue possible par la livraison de 34 RERng Z58000 couvrant les nouveaux besoins du service. Au cours de l’année 2025, elles vont se poursuivre avec l’objectif d’éliminer d’abord les 53 rames MI2N, qui n’ont pas été rénovées faute de réutilisation possible. Les Z50000 Franciliens seront les dernières à partir, de sorte à uniformiser le RER E avec le RERng.
Désormais, la section Haussmann – Nanterre est exploitée toute la journée avec 16 trains par heure dans le sens de la pointe et 10 en contrepointe et en journée. Se posera peut-être la question de généraliser une grille à 16 trains, avec l’ajout de navettes pour La Folie – Rosa Parks, nécessitant la mise en service des tiroirs de retournement de Rosa Parks.
Cependant, les premières semaines d’exploitation n’ont pas été à la hauteur des attentes, au point de rapidement crisper les associations d’usagers et Ile-de-France Mobilités. L’image du « nouveau RER E » n’est pas bonne : le succès architectural de la gare de La Défense ne fait pas tout.
En cause, la régularité (plusieurs journées à moins de 45 % de trains à l’heure !), des suppressions nombreuses, des interceptions inopinées du service, la persistance de « motifs travaux » pour alléger le service du week-end, et des problèmes de compatibilité entre les 3 séries de matériel (MI2N, Francilien et RERng), le nouveau venu ayant manifestement de beaucoup plus de graissage que ses aînés. Pourtant, SNCF Transilien avait rencontré pareille situation en 2013 entre les NAT et les Z6400 à Saint-Lazare, et la RATP en 2006 à la mise en service des MF01 sur la ligne 2 du métro.
Signe d’une crise persistante et aiguë, SNCF Transilien a décidé de ne plus recevoir de RERng. Or les MI2N sont en fin de vie et doivent prochainement partir à la réforme, n’ayant pas été rénovés du fait de l’arrivée de leur successeur.
Bref, EOLE a été au sommet de l’affiche, mais défraie aujourd’hui la chronique dans un registre beaucoup moins flatteur. Conséquence, à La Défense, le RER A conserve les faveurs du public, car sa fiabilité est nettement meilleure. Pour une opération délestage, à ce stade, c’est raté. Il va falloir rapidement redresser la barre.
Le prolongement à Mantes, prévu fin 2026 a été une nouvelle fois reporté, et pas qu’un peu, puisqu’il n’est pas attendu avant 2029, en raison des difficultés de mise au point par Alstom du système ATS+ destiné à superviser la gestion des circulations entre Nanterre et Mantes de puis le centre de commandement de Pantin. Ce nouveau report a évidemment été mal accueilli par Ile-de-France Mobilités et les collectivités locales. Tout au plus, un service partiel pourrait être mis en place, avec 3 trains par heure, selon des modalités restant à préciser.
D’ici là, le saut-de-mouton sur la Seine, entre Nanterre et Bezons, restera inutilisé…
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