Après 15 mois de travaux, la ligne Nice – Breil-sur-Roya est à nouveau ouverte à la circulation. L’investissement atteint 74 millions € pour d’importants travaux portant notamment sur les ouvrages d’art, dont les tunnels de Braus et du Mont Grazian, respectivement longs de 5939 m et 3891 m, pour lesquels il a fallu lourdement intervenir afin de consolider la plateforme avant de renouveler la voie. Une douzaine d’ouvrages en terre ont également été renforcés pour éviter les éboulements, tandis que 3 ponts-rails ont été rénovés et un dernier remplacé. Sur cette ligne, il est à nouveau possible de rouler jusqu’à 80 km/h et même 100 km/h dans le tunnel de Braus.
Néanmoins, les trains conservent un horaire assez élastique. Sur la section Nice – Breil, le meilleur temps s’établit à 1h04, le plus mauvais à 1h18, avec une forte détente sur l’ensemble des circulations au nord de Drap-Cantaron et de temps de stationnement généreux au regard de la fréquentation réelle des gares. C’est d’autant plus le cas qu’en 2002, il ne fallait que 57 minutes sur ce même parcours ! Malheureusement, ce n’est pas le seul cas de dégradation, ou de non-retour à la situation nominale, des temps de parcours après renouvellement. D’ailleurs, les trains pourraient théoriquement circuler jusqu’à 120 km/h dans le tunnel de Braus et à 100 km/h dans celui du Mont Grazian : craindrait-on de nouveaux troubles sur la plateforme et la voie malgré les investissements ?
Dans le cadre du nouveau contrat attribué par la Région à SNCF Voyageurs pour le secteur Sud Azur, la desserte est fortement améliorée sur le périmètre périurbain avec 15 allers-retours Nice – Drap-Cantaron du lundi au vendredi seulement, avec une amplitude élargie de 6 heures à 22h30. Ils complètent les 12 allers-retours Nice – Breil-sur-Roya, dont 2 seulement sont prolongés à Tende. Le week-end, un troisième monte dans la vallée de la Roya. La desserte comprend aussi 4 allers-retours Cuneo – Breil – Vintimille opérés par Trenitalia pour la Région du Piémont.
C’est en quelque sorte l’intégration de la vallée du Paillon dans le SERM niçois, puisqu’avec un train toutes les demi-heures, on peut considérer que la cible est atteinte. La ligne tire profit d’une part de l’intervalle de BAPR entre la bifurcation de Saint-Roch et Drap-Cantaron, puis de la CCVB-S (commande centralisée de voie banalisée – simplifiée) jusqu’à Breil-sur-Roya. En revanche, pour la desserte vers la vallée de la Roya, les correspondances sont cependant médiocres entre les Nice – Breil et les Vintimille – Cuneo, ce qui ne facilite pas la liaison avec Nice. C’est dommage.
Le train des Merveilles est donc de retour. Toutefois, il faudra attendre une nouvelle étape pour améliorer les performances dans la vallée de la Roya où les trains continuent de rouler à 40 km/h sur un itinéraire apte à 80 km/h. Cette section, rouverte en octobre 1979, est sous statut particulier, puisque la convention intergouvernementale de 1970 charge l’Italie du financement de l’entretien de la ligne, au demeurant équipé d’une signalisation italienne. Un objectif pour célébrer avec une bonne nouvelle le centième anniversaire de la ligne, ouverte en 1928, avec – soyons fous – l’annonce de la restauration de liaisons directes Nice – Turin ?


5 Commentaires sur “Retour des trains entre Nice et Breil”
Babskwal
Qui exploite la ligne ? Est-ce SNCF Voyageurs dans le cadre du monopole historique ou SNCF Voyageurs Sud Azur dans le cadre de la DSP ?
Scan
C’est écrit au début du 2ème §
Station4
Quelques compléments à l’article, notamment sur les temps de parcours atteignables. Au moins 7 minutes perdues par rapport au meilleur temps en 2002 à nombre d’arrêts identique. incompréhensible…
labrigue
Je suis tombé un peu par hasard sur ce site, et je découvre avec joie qu’il s’agit de la « renaissance » de transportrail/urbain/paris. Je ne sais pas si ce sont les mêmes personnes qui oeuvrent derrière, mais les articles que j’ai déjà lus sont de bonne augure, ravi qu’un site de cette qualité soit à nouveau disponible.
Pour en revenir à ce sujet, comme le souligne l’article, le contraste est saisissant entre la liaison Nice-Drap-Breil bien fournie et à peu près cadencée, et le désert au dela jusqu’à Tende.
Jugez plutôt, arrivées à Tende à 11h32, (13h27 WE) et 15h34, Départ 12h59 (15h02 WE) et 16h38.
Sans parler des correspondances mal fichues à Breil. Heureusement qu’il y a les trains italiens…
D’ailleurs, le col de Tende est resté fermé à nouveau plusieurs jours avant Noël à cause des fortes chutes de neige puis du risque d’avalanches, démontrant une fois de plus la pertinence du train sur ce parcours transalpin.
Petite précision néanmoins, les accords franco-italiens ont été un peu revus après la tempête Alex, et la France participe au financement de l’entretien de la partie commune entre Breil et Tende
Station4
Le hasard fait parfois bien les choses.
Effectivement, autant la desserte est de bon niveau jusqu’à Drap et même jusqu’à Breil, autant il y aurait quand même besoin de faire un peu mieux dans la vallée de la Roya. Si on considère le principe général d’une desserte au moins toutes les 2 heures, la marche n’est quand même pas trop importante, si du moins dans un premier temps, on accepte une correspondance à Breil entre un Cuneo – Vintimille et un Breil – Nice. Encore faudrait-il les coordonner pour éviter de perdre trop de temps.