La Région Bourgogne – Franche-Comté a installé sa nouvelle desserte entre Belfort et Delle, avec 16 allers-retours par jour. Elle met fin à toute liaison directe entre le Jura suisse et la gare TGV de Belfort – Montbéliard. Pourtant, la Suisse avait participé au financement de cette opération. Malheureusement, pour de très obscures raisons, les trains opérés par les CFF n’avaient pas été autorisés entre Méroux et Belfort.
A Delle, 37 allers-retours sont proposés : 18 Delle – Porrentruy et 15 Delle – Delémont, avec une très large amplitude horaire, les premiers trains quittant Delle peu après 3 heures du matin !
L’alternative aurait supposé un accord équitable franco-suisse, avec une desserte directe de Belfort jusqu’à Delémont, complétée par une liaison Epinal – Belfort-Montbéliard TGV afin de procurer un accès à celle-ci depuis le sud vosgien. Le prolongement des quelques services Vesoul – Belfort aurait pu être également examiné.
Il faut quand même rappeler que sur les 110 millions € investis pour la réouverture de Belfort – Delle, 28 proviennent de Suisse – 24,7 par la Confédération et 3,2 par le Canton du Jura – au titre de l’accès au réseau à grande vitesse… ce qui n’est plus possible directement depuis dimanche 14 décembre. Dit autrement, la Suisse a payé pour des investissements ferroviaires en France… pour ne plus disposer du service afférant. La décision unilatérale de la Région Bourgogne – Franche-Comté lui vaut un certain succès d’estime en Suisse qui n’augure rien de bon pour d’autres dossiers ferroviaires, comme le devenir de la liaison Frasne – Pontarlier – Neuchâtel, en correspondance avec les TGV Lyria Paris – Lausanne en gare de Frasne. L’ajout d’une correspondance, même en 5 minutes, à Delle, a mis les collectivités suisses devant le fait accompli, et dégrade l’attractivité de la desserte pour accéder aux liaisons à grande vitesse vers Paris, Lyon et l’arc méditerranéen.
En attendant une demande de remboursement des montants investis finalement en pure perte ?


La nouvelle desserte côté français – 16 allers-retours donc – est même moins fournie qu’auparavant : il y avait 17 allers-retours par jour, dont 11 navettes Belfort – Gare TGV et 6 Belfort – Delle, complétés par 11 Bienne – Gare TGV. Seul avantage donc, l’horaire 2026 propose plus de liaisons directes entre Belfort et Delle.
Pour aller plus loin dans le rappel de l’origine de cette rupture, Quai numéro 2 vous suggère de consulter :
- un reportage de la RTS diffusé au journal de 19h30 du 2 août 2023 ;
- un premier article du webmagazine Watson du 15 août 2023 ;
- un second article de ce même site le lendemain ;
7 Commentaires sur “Belfort – Delle : un divorce franco-suisse… sans consentement ?”
ats
Quelqu’un sait il la nature de ces « raisons obscures », pourquoi les trains CFF n’étaient pas autorisés d’accès vers la gare de Belfort ?
J’avais entendu que ça risquait d’offusquer Alstom et son site si des Flirt s’approchaient trop.
Station4
Ce n’est malheureusement pas la moins farfelue des explications…
Neudorf67
Il semble qu’il n’y ait plus de trains Delle-Bienne depuis décembre, mais uniquement des trains Delle-Délémont et Delle-Porrentuy. Dommage qu’il y ait une correspondance à Delle, mais les correspondances ont l’air bien calées entre les trains suisses et français.
Station4
Exact. L’article va être modifié en conséquence.
Topaze
Il semble que les Flirt auraient derangé alstom a belfort…
batou
Dans l’absolu, la nouvelle desserte est plus lisible en supprimant les navettes Belfort – Gare TGV et avec un cadencement respecté.
La région BFC a fait preuve de mauvaise foi en insinuant que la suppression de la liaison directe entre Delle et Bienne est une des raisons pour lesquelles elle n’a pas voulu s’engager dans le schéma des liaisons directes entre Belfort et Delémont.
Sachant que la ligne est « temporairement » desservie en matériel thermique de Belfort à Delle, les investissements consentis par la Suisse, l’État et la région pour électrifier la ligne deviennent superflus… et rien que pour cela, la région devrait rembourser la Suisse mais aussi l’État français à cet égard !
Station4
La mauvaise foi régionale porte aussi quand même sur la présence des CFF et le prétexte de l’absence de lien entre la Région et les CFF pour la desserte.
Aussi, il serait particulièrement logique que la Suisse demande à être intégralement remboursée de sa participation à l’investissement puisque les objectifs ont été rompus.