Depuis le 25 mai dernier, la compagnie South Western Railway est passée dans le giron public, d’abord directement sous l’autorité du ministère des Transports : avant la création formelle de Great British Railways, après un vote du Parlement prévu cet automne.
Ce 20 juillet, South Western Railway est rejointe par la petite compagnie C2C qui opère la relation entre Londres Fenchurch Street et les villes côtières le long de l’estuaire de la Tamise. C2C avait la particularité d’être opéré par Trenitalia après que l’opérateur National Express ait revendu la franchise à la compagnie italienne.


Ce n’est d’ailleurs pas le seul bastion de Trenitalia au Royaume-Uni, qui opère également conjointement avec First Group la franchise Avanti West Coast pour les liaisons entre Londres, Birmingham, Manchester et l’Ecosse par la West Coast Main Line.
Ces renationalisations ne sont par contre pas les premières puisque, précédemment, avant même le retour des Travaillistes au gouvernement, LNER, South Eastern, TransPennine Express et Northern avaient déjà été reprises selon le même procédé, mais pour des raisons un peu différentes, liées aux difficultés d’exécution des franchises. Il en reste encore 8.
Cependant, le vote en fin d’année dernière d’un projet de loi présenté par le gouvernement travailliste vient bien tourner la page de près de 30 ans d’une privatisation unique en son genre en Europe.
Elle avait déjà été sérieusement amendée avec la renationalisation des infrastructures. La compagnie publique Network Rail avait été créée en 2002 après les déboires financiers de son prédécesseur privé, Railtrack. D’autres suivront d’ici l’automne et le gouvernement vise le retour sous la tutelle publique en 2 ans.
Le gouvernement Starmer a fondé sa décision sur l’augmentation des coûts pour les voyageurs mais aussi pour l’Etat, devant de plus en plus subventionner les compagnies : cette contribution a doublé entre 2019 et 2024, pour atteindre 12,4 milliards £.
GBR devrait à terme gérer l’essentiel des services de transports de voyageurs puisque certaines relations resteraient dans le cadre des Services Librement Organisés mais aussi les infrastructures (chapeautant ainsi Network Rail).
Cependant, le gouvernement britannique est déjà pris entre plusieurs feux : la maîtrise des dépenses publiques d’une part, l’amélioration de la qualité de service passant notamment par la poursuite de la dynamique des investissements sur les infrastructures et le matériel roulant et l’attente assez forte de la population d’une baisse significative des prix.
De notre correspondant permanent au Royaume-Uni
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