La France semble manifestement redécouvrir ce que l’évolution du climat lui avait fait perdre de vue : il peut faire froid en hiver, et même neiger. Pour autant, le très bref épisode de ce début d’année n’a rien d’anormal.
Désormais, pour les transports publics, l’apparition des premiers flocons conduit en général très rapidement les autobus au dépôt. Pourtant, ce petit coup d’œil dans le rétroviseur au début de l’année 1987, appliqué au cas parisien, mais qui serait transposable à la plupart des autres villes de France, montre qu’il en était légèrement autrement à l’époque.
Ces chutes de neige abondantes (14 cm mesurés le 14 janvier 1987) étaient survenues lors du redoux après une semaine glaciale, les températures à Paris oscillaient entre -6 et -10 °C… l’après-midi.
Pourtant, les SC10, alors très majoritaires à la RATP comme dans bien des villes de France, n’étaient pas du tout à l’aise sur la neige : jante simple à l’arrière, donc peu d’adhérence, poids concentré à l’avant et – notamment à Paris – une boîte de vitesse manuelle avec embrayage à commande électrique sans possibilité de dosage.

La notion de risque acceptable aurait-elle donc tant évolué ?
13 Commentaires sur “Souvenirs parisiens enneigés”
Babskwal
Pas sûr que le jumelage aide sur la neige. D’expérience en voiture les pneus larges, c’est moins bien !
Alsur
j’avais compris que le problème n’était pas le matériel mais plutôt plutot de la » ressource conducteur « ( comme on l’appel si bien chez les opérateurs) qui avant habitait à proximité des dépôts dans les arrondissements périphériques ou de petite couronne et qui maintenant habite plutôt en grand couronne et est donc dépendante de la voiture pour assurer le services ? Après le premier problème à cette explication est que le métro même non automatique n’a pas eu de baisse de fréquence pendant l’épisode (même si il est vrai que les conducteurs métro sont mieux payés que leurs collègues de surface et qu’il est plus facile de se loger à proximité des SMR de métro pour la majorité en dehors de paris). Dans tous les cas il faudrait que les administrateurs d’idfm ou la fnaut posent la question à l’audition des opérateurs sinon je ne pense pas qu’on aura une réponse.
AugLou
Il n’y a pas une partie des conducteurs qui habitent dans des logements du parc de la RATP ?
Fraberth
Est-ce qu’il n’y a pas aussi une question de formation/habilitation ?
Vu qu’a present il en faut pour tout et n’importe quoi
Apres a relativiser, il neige commme ca que quelques jours par an
L’absence de clim dans les bus est un sujet bien plus important
Mais ce qui m’etonne toujours c’est l’absence de preparation des operateurs
AugLou
Si on est pragmatique, est ce que c’est vraiment économiquement rentable d’investir dans la préparation des bus pour trois jours tous les cinq ans ?
Mais dans le même temps, effectivement j’ai l’impression que la limite de l’acceptable se déplace, là où il y a quelques années encore, on acceptait d’avoir un bus qui patine un peu dans la neige malgré tout
Station4
Il est évident qu’on ne peut pas avoir le même niveau d’équipement que des réseaux très habitués aux hivers enneigés, mais le problème est-il uniquement là ? Arriver à rouler sur 15 cm de neige avec un SC10 comme sur la photo et ne pas rouler avec n’importe lequel de ses descendants techniquement plus évolué, c’est de prime abord étonnant et mériterait une petite analyse (s’il y a des candidats…).
Autre point qui serait intéressant d’examiner : l’autonomie réelle des autobus à batteries à charge lente et l’impact sur l’organisation de la production. Car on sait que plus il fait froid, plus l’autonomie diminue (encore un avantage pour la solution des « pantobus »… ou des trolleybus).
AugLou
Oui, même avec des pompes à chaleur le chauffage consomme énormément d’électricité
J’ai déjà vu des GX337 et des Irisbus Créalis Néo rouler dans la neige à clermont, mais je pense qu’ils avaient été préparés un peu
fraberth
après je ne sais pas les réactions à paris
a lyon, alors que la neige etait bien annoncée, pas d’annonce particuliere
au final il y a pretendument eu du verglas, donc pas de bus une grande partie de la journée. et la réponse des tcl « ah oui peut être qu’on aurait informer les gens »
dans le cas lyonnais je dirais un manque de préparation et de coordination associé a un certain « rien a foutre des usagers ». je trouve cela de plus en plus courant dans de nombreux services publics, associé au délire du risque zéro
encore une fois je ne sais pas ce qu’il se passe ailleurs, par exemple annecy qui doit avoir plus souvent de la neige
mais pour revenir sur la photo et le SC10, peut être la différence de poids et de taille du véhicule, surtout si on compare a un 18m
puis bon, 15 cm de neige dans paris, j’aurais bien voulu voir la CONSISTANCE du trafic et la regularité des lignes
Station4
Evidemment, ça roulait comme ça pouvait, mais au moins il y avait quelque chose. Certaines lignes étaient interrompues, car un SC10 sur 15 cm de neige et dans une rue en forte pente, il ne faut quand même pas trop en demander. Dans un reportage de TF1, on voit que même le passage du pont de l’Alma n’est pas une partie de plaisir. On note au passage que l’équipe s’était contentée d’aller au bout de la rue Cognacq-Jay (TF1 y était encore, Antenne 2 était avenue Montaigne… et ils étaient allés jusque du côté de Saint-Lazare !).
AugLou
À Clermont, j’ai l’impression que même le Translohr a roulé (enfin sur la parie qui n’est pas en rade après l’accident de la semaine dernière)
Joris
A Rennes le métro B a été arrêté sur la partie en viaduc ; d’habitude par temps froid mais non verglacé/neigeux c’est juste ralenti à 30 km/h. Apparemment le chauffage anti- gel des voies est HS, ou n’a jamais fonctionné voire n’existe pas (je n’ai pas de réponse sûre).
J’ai donc fini mon trajet en bus, plus précisément dans l’unique Bluebus 18 ; le chauffage étant arrêté il y avait du givre à l’intérieur, je me demande si c’est pour l’autonomie (il ne sort que pour les pointe, jamais une journée entière) ou hors-service.
AugLou
@Joris
C’est intéressant de comparer avec la ligne 6 à Paris qui ne semble pas avoir eu de problème avec la neige, justement grâce à l’antigel électrique des pistes de roulement
Station4
C’est moins compliqué sur une infrastructure « classique » de métro sur pneus. A Rennes, les pneus roulent directement sur le béton. Le réchauffage des pistes est un peu plus compliqué…