Durant ce mois de janvier, une série de travaux sur la ligne de rive gauche du Rhône entre Lyon et Avignon amène à dévier les trains par la ligne de la rive droite, avec desserte des gares de Saint-Péray, en face de Valence, et du Teil, en face de Montélimar. A priori, rien de bien surprenant, c’est un scénario qui se reproduit à chaque intervention importante sur l’axe principal.
Néanmoins, compte tenu des complexités administratives auxquels est confronté le rétablissement d’un service régulier de voyageurs sur la ligne de rive droite, il n’est pas inintéressant de souligner cette situation qu’on qualifiera pudiquement de paradoxale : Saint-Péray et Le Teil sont donc quotidiennement desservies sans que ne soit demandé le moindre aménagement ou la moindre procédure administrative, alors que pour que les trains de la Région Occitanie puissent monter de Pont-Saint-Esprit au Teil avec voyageurs – et non plus à vide – pour pouvoir repartir dans l’autre sens, le dossier se révèle des plus complexes avec une Autorité Environnementale quelque peu zélée.
Certains diront que les gares de Saint-Péray et du Teil ne sont desservies qu’exceptionnellement, mais c’est une exception récurrente. Aussi serait-il probablement utile d’envisager un réexamen de ces procédures (un petit choc de simplification ?) afin de revenir à un peu plus de pragmatisme, sans perdre de vue l’intérêt général, tant pour la population que pour le bon usage de l’argent public.
Aujourd’hui, la Région Occitanie se retrouve quand même contrainte de payer plus de kilomètres à vide qu’en service commercial, les trains effectuant 32 km sur la rive droite pour atteindre Pont-Saint-Esprit puis 37 km à vide pour se retourner en gare du Teil.
Ce pragmatisme prend bien évidemment en compte la nécessité d’adapter la gare du Teil pour proposer un service accessible aux personnes à mobilité réduite et plus largement de rénover l’établissement en le mettant aux normes actuelles pour le service régulier.
Quai numéro 2 publiera prochainement un grand dossier consacré à la desserte de la vallée du Rhône.


3 Commentaires sur “Paradoxe sur la rive droite du Rhône”
humbertjean
Je serai tres interessé par le sujet de la desserte de la vallée du Rhône, que vous mentionnez
Sybic070
Cette affaire de circulation à vide sent l’obstruction caractérisée. En d’autres lieux, on se fout pas mal des normes, environnementales et autres, pour créer une infrastructure nouvelle. Ici, il s’agit seulement d’adaptations légères des installations existantes d’une ligne, qui plus est circulée…
Pour paraphraser une formule en vogue dans une grande ville du sud : « C’est la France, Bébé »…
Station4
On ne peut pas dire qu’on se « fout » des normes environnementales pour créer une infrastructure nouvelle (du moins ferroviaire) au regard du coût que cela peut parfois représenter. Pour le cas de la rive droite du Rhône, la lecture du sujet est très étriquée. Sur les passages à niveau, il n’y aurait probablement aucune procédure si quelques EF obtenaient des sillons fret supplémentaires sur la ligne (ce n’est pas ça qui manque). Pour les gares, il s’agit essentiellement de rehausser / reconstruire des quais en respectant les normes d’accessibilité et éventuellement d’installer des ascenseurs pour le franchissement des voies en passage souterrain ou par une passerelle. Certes, on est dans la vallée du Rhône, qui plus est la rive droite, avec des enjeux liés au volume de précipitations et à leur intensité. Au-delà, les aménagements intermodaux peuvent aussi impacter la perméabilité des sols. Mais ces démarches sont déjà prises en considération dans la conduite ordinaire des projets (cf. déclaration de travaux et permis de construire et d’aménager).