En apparence, la nouvelle tarification des transports en commun franciliens appliquée depuis janvier est plus simple, avec un ticket au maximum à 2 € pour les réseaux de surface (bus et tram), à 2,50 € pour (métro, RER, train). Avec la carte Liberté+, les tarifs sont abaissés respectivement à 1,60 € et 1,99 € et la correspondance entre réseaux de surface et ferré est enfin possible.
Le ticket T+, universel car pouvant être aussi bien utilisé – alternativement – pour prendre un bus, un tram ou le métro, disparaît. Les utilisateurs occasionnels devront donc disposer de 2 titres de transport sur leur carte ou leur application. Rappelons qu’en 1968, la réforme tarifaire avait mis fin à la dualité tarifaire, avec un ticket unique valable soit dans l’autobus soit dans le métro, en lien avec la suppression progressive des receveurs (dans les premiers) et des poinçonneurs (dans le second).
La correspondance avec un même ticket entre le métro et les lignes de surface n’est donc que très partiellement créée, pour les seuls titulaires d’une carte Liberté+. Pour les autres, l’usage des transports en commun sera donc au prix fort et le Navigo Journée à 12 € ne sera rentable qu’en cas d’usage intensif. Pire, le Paris Visite à 29,90 € par jour offre un libre accès aux aéroports… mais quels sont les touristes qui y vont tous les jours ?
Autre évolution : la disparition de la possibilité d’acheter les titres de transport par 10 avec une remise sur le prix unitaire : celle-ci est réservée aux détenteurs de la carte Liberté+, donc aux franciliens.
A l’inverse, la suppression de la tarification à la distance pour les réseaux ferrées n’est pas la mesure la plus logique ni la plus attendue. Paris – Clamart, Paris – Montereau ou Conflans – Cergy au même prix, est-ce véritablement équitable et même supportable par les ressources publiques ?
De même, il aurait été souhaitable de transformer les titres à la semaine et au mois, en forfaits glissants : 7 jours plutôt que du lundi au dimanche, 30 jours plutôt qu’à partir du 1er du mois. Un moyen de s’adapter à l’évolution des comportements de la population, que certains réseaux pratiquent déjà de longue date, avec succès.
Enfin, Ile-de-France Mobilités n’a pas retenu le paiement par carte bancaire, adopté par de nombreuses villes en France et présent dans d’autres villes d’Europe depuis plusieurs années.
Il faut revenir à la source et aux attentes exprimées par les utilisateurs occasionnels des réseaux. Ce qui était d’abord attendu, c’est la correspondance entre les réseaux routiers et ferrés avec un ticket T+, pouvoir enchaîner par exemple métro et autobus sur un trajet.
Seuls les détenteurs d’une carte Liberté+ y ont droit. Pour les autres, il faut avoir 2 titres de transport différents. La nouvelle tarification a aussi mis fin à la réduction historique sur l’achat des tickets en carnet de 10.
Quant aux utilisateurs occasionnels, ils auront peut-être l’impression de payer plus cher et pour les franciliens. Ce n’est pas totalement exact : qui arrive par un Ouigo à Marne-la-Vallée ou Massy ne paiera plus que 2,50 € son trajet en RER pour arriver à Paris. Mais ce n’est pas le cas majoritaire. En revanche, prendre un TGV ou un Ouigo à Roissy impliquera le paiement du ticket aéroport pour les occasionnels.
Enfin, il serait de bon ton d’harmoniser les conditions d’accès aux aéroports. A Orly, il est possible de s’acquitter à l’arrivée du « supplément aéroport » en descendant de la ligne 14. A Roissy, ce n’est pas possible en sortant du RER B. Qui plus est, les nouveaux supports sont d’une rare complexité que relate la FNAUT :
- Navigo semaine donne accès aux aéroports pour 31,60 € (sur smartphone ou 36,60 € avec l’achat de la carte) ;
- Navigo Easy ne peut accueillir un ticket Aéroport s’il y a déjà des tickets Métro – RER sur la carte, donc le voyageur doit acquérir une nouvelle carte à 2 €.
Evidemment, la présence des contrôleurs dans les deux gares aéroportuaires de Roissy a été notablement accrue et les opérations de verbalisation ont pour effet de « piéger » des touristes. C’est une façon de considérer l’accueil…
En résumé, les éléments contestables de cette nouvelle tarification sont :
- le tarif unique quel que soit le trajet ferroviaire, ce qui semble une exception mondiale à une telle échelle (mais Paris est le phare de la France qui éclaire le monde…) ;
- l’inégalité de traitement selon les formules, seul le Navigo Liberté+ offrant la correspondance gratuite entre bus – tram et métro – RER – train, sauf à prendre le Paris Visite au tarif surréaliste ;
- l’inégalité de gestion du supplément Aéroport entre Orly et Roissy.
8 Commentaires sur “Tarification francilienne : vraiment plus simple ?”
evz
« qui arrive par un Ouigo à Roissy ne paiera plus que 2,50 € son trajet en RER pour arriver à Paris. » Il n’y a pas de surtaxe pour roissy tgv ?
Station4
L’accès aux 2 gares du RER B implique un billet aéroport : ce point est précisé dans la mise à jour de l’article
Joris
NAvigo Liberté+ n’est plus réservé aux franciliens depuis qu’on peut y souscrire sur smartphone. Je viens de le faire depuis mon canapé à 400 km de Paris.
Station4
Ah ! Alors l’article va être modifié. Merci de l’info.
Aharon
Il faut pourtant une adresse en IDF
Joris
Mon adresse est en Bretagne.
Station4
En lisant entre les lignes les modalités d’acquisition du Navigo Liberté+, il semble possible d’obtenir la version dématérialisée sur téléphone quand on n’habite pas en IDF, mais le support physique semble cantonné aux franciliens. Ce n’est pas très clair…
A noter un petit ajout : la mise en parallèle du ticket bus-tram et du ticket métro-RER revient en arrière par rapport à un « acquis » de 1968 avec la création d’un ticket unique valable soit dans le métro soit dans l’autobus. Petite évolution : la correspondance possible pour les détenteurs du Liberté+.
xavier
Il y aussi un autre problème avec les nouveau tickets unitaires sur carte navigo easy : Si la correspondance est theoriquement gratuite entre mode ferré, en pratique certains portillons sont visiblement mal paramétrés et vous debitent un ticket supplémentaire. C’est très agaçant et il y a rarement du personnel dans les parages pour faire remonter le problème (si tant est que ça puisse servir à quelque chose)