Marseille Saint-Charles : une gare multi-opérateurs

Avec la libéralisation du marché ferroviaire intérieur, la gare de Marseille Saint-Charles prend des couleurs. Elle accueille déjà un aller-retour Marseille – Madrid opéré par la RENFE, assuré en rame S-100 Alstom, type TGV. Depuis le 15 juin, Trenitalia propose 4 allers-retours Paris – Marseille avec ses Frecciarossa ETR1000.

Marseille Saint-Charles – 13 juin 2025 – Inauguration officielle des 4 allers-retours Paris – Marseille. Comme le TGV Sud-Est et sa livrée orange, les Frecciarossa ne passent pas inaperçus dans le paysage ferroviaire. (Cliché Trenitalia)

Le développement des activités de l’opérateur italien reste donc pour l’instant concentré sur l’axe sud-est, avec une organisation mutualisée avec les liaisons Paris – Lyon et Paris – Milan, puisque la maintenance des ETR1000 reste assurée en Italie. L’objectif est donc de renforcer la visibilité de Trenitalia, notamment entre Paris et Lyon. Néanmoins, d’autres développements restent à l’étude, mais en gardant en fil conducteur les nécessités de gestion technique de la flotte, incitant à ne pas trop disperser le parc.

Aussi peut-on plutôt présager d’un renforcement des fréquences sur l’axe Paris – Lyon – Marseille, en lien avec le développement de partenariats avec les agences de voyage professionnelles, pour mieux capter la clientèle d’affaires.

La dernière nouveauté est moins visible puisque les trains portent la livrée régionale Zou… du moins pour les rames déjà livrées. A compter de ce 29 juin, Transdev exploite la relation intervilles Marseille – Nice qui passe de 7 à 14 allers-retours en base. Le service nominal prévoit 16 allers-retours de 6 heures à 22 heures, mais les travaux grignotent une partie du plan de transport. Ces dessertes sont à peu près cadencées, comme d’habitude en France : 9 départs de Marseille respectent la minute 57 de référence, et 10 sur 14 la minute 25 au départ de Nice. Le temps de parcours oscille entre 2h38 et 2h40 selon le sens, avec desserte de Toulon, Les Arcs, Saint-Raphaël, Cannes, Antibes, Nice Saint-Augustin et Nice Ville.

Transdev débute en mode dégradé compte tenu du retard dans la livraison des 16 rames Omneo Premium par Alstom. Ces rames remplacent les compositions Corail avec BB22200 en fin de vie, libérant les Z26500 également utilisées sur cette relation, qui pourront être redéployées sur d’autres dessertes régionales. Conséquence, la Région PACA a obtenu le prêt de quelques rames Régio2N de la part de certaines Régions, non sans susciter quelques critiques s’agissant de les confier temporairement à un opérateur privé.

Anthéor – 5 avril 2025 – Marche d’essai d’une rame Omneo Marseille – Nice. Si la livrée régionale est déjà connue, elle est complétée du logo de Trandev : les nouveautés les plus importants ne sont pas toujours les plus visibles (Cliché X – Wikipedia)
Marseille Saint-Charles – 14 février 2014 – Le contrat de service public entre la Région et Transdev incluait le renouvellement du parc Marseille – Nice. C’est donc la fin des compositions réversibles de voitures Corail sur cette relation. (Cliché Quai numéro 2)

Ce n’est peut-être pas fini : la Région avait lancé un avis de marché en mai 2024 portant sur un périmètre assez vaste et hétérogène, comprenant les dessertes depuis Marseille vers Aubagne, Toulon, Hyères et Les Arcs, mais aussi vers Aix-en-Provence, Pertuis et Briançon, incluant la relation Romans – Valence – Briançon. Ce lot comprend donc à la fois des dessertes sur la partie occidentale de l’axe Marseille – Nice, avec une dimension périurbaine prononcée autour de Marseille et Toulon, et une dimension régionale sur des lignes de desserte fine du territoire non électrifiées. Il sera d’ailleurs intéressant de suivre les propositions des opérateurs pour redynamiser ces lignes, peut-être au-delà des orientations actuellement exprimées, notamment dans le cadre de la préparation de la desserte pour les Jeux Olympiques de 2030, sujet précédemment abordé par Quai numéro 2.

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3 Commentaires sur “Marseille Saint-Charles : une gare multi-opérateurs

Marrant de voir un frecciarossa à la voie N, lieu plutôt habituellement fréquenté par les X-TER et BGC de la Côte bleue…

Autre chose, à propos de Transdev sur Marseille-Nice. Muso nous prend vraiment pour des jambons : « ces train sont alimentés avec de l’électricité 100 % verte ». Expliquez-moi comment les Omnéo peuvent sélectionner la provenance de l’électricité alimentant leurs pantos ?(source : http://www.maregionsud.fr/actualites/detail/top-depart-pour-la-nouvelle-offre-de-train-zou!-entre-marseille-toulon-et-nice)

Il faut arrêter de croire à cette idiotie de « sélectionner la provenance de l’électricité ». Personne ne prétend cela et vous vous ridiculisez.
Le greenwashing dans l’histoire, c’est que la région va payer pour des garanties d’origine (d’une électricité possiblement produite à l’autre bout de l’Europe et à un autre moment de l’année) certifiant que l’équivalent en électricité « verte » aura été injecté… mais en réalité on ne produira pas plus d’électricité « verte » pour autant, c’est juste un moyen de subventionner encore davantage certains producteurs.
En plus, évidemment comme on est en France, ça ne décarbone rien du tout par rapport à un bon vieux contrat EDF.

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