Avant les vacances, au cours d’une séance de questions au gouvernement, le ministre des Transports a indiqué que l’Etat reviserait à la hausse sa participation à une première tranche de travaux d’urgence sur cette ligne, à hauteur de 25 millions € soit 50 % du montant total de l’investissement. C’est un pas en avant appréciable.
Pour autant, les questions essentielles restent à ce stade sans réponse d’abord sur l’évolution de la desserte. Actuellement, compte tenu de l’arrêt d’exploitation de l’une des voies entre Paray-le-Monial et Gilly-sur-Loire, le service a été allégé compte tenu de la réduction de vitesse et de capacité. L’objectif premier est donc de rétablir la situation antérieure. Mais au-delà ? Peut-on se satisfaire d’un service aussi faible ? Les Régions Auvergne – Rhône-Alpes et Bourgogne – Franche-Comté vont devoir s’entendre. Il faudrait dans un premier temps passer à 8 allers-retours pour atteindre un seuil minimal d’intérêt.
Au-delà de ces mesures de court terme, il faudra aller plus loin et envisager la modernisation de l’étoile de Paray, qui est encore intégralement exploitée en block manuel. Ce sera l’occasion de reconsidérer la consistance de la double voie entre Paray et Gilly d’une part et d’autre part d’intégrer la création d’un point de croisement en direction de Lyon, outre l’indispensable rétablissement de celui de Lamure-sur-Azergues. Autant de sujets abordés dans le dossier déjà paru de Quai numéro 2.
10 Commentaires sur “Moulins – Paray : petite lueur d’espoir”
labrigue
D’un coté on trouve 780 millions pour prolonger de 3km le T10 à Clamart (faudra reparler de ce coût délirant d’ailleurs), pendant que de l’autre on galère à avoir 25 millions pour sauver a minima une ligne entière.Bel exemple une fois encore de France à deux vitesses…
Station4
A ceci près que pour le T10, rien n’est encore fait (et l’échéance annoncée semble très optimiste par rapport à la vitesse moyenne de réalisation des projets)… et que le budget est essentiellement celui des collectivités locales concernées (Région, Département). En outre, si on commence à dénigrer tous les projets franciliens, il est illusoire de croire que ce sera au profit des autres territoires. Si on prend le budget nécessaire au renouvellement de la ligne des Causses, on peut aussi être très interrogatif eu égard au potentiel de trafic concerné ! Rien ne sert d’opposer les territoires et les projets.
En revanche, les 780 millions € ont de quoi évidemment interroger, à l’échelle francilienne.
Concernant Moulins – Paray, un peu de beurre dans les épinards, ça ne fait pas de mal, mais comme l’évoquent l’article et le dossier, les questions de fond ne sont pas résolues… et on va renouveler une ligne dont le coût d’exploitation est élevé du fait de la persistance d’équipements obsolètes.
labrigue
Absolument, mon propos n’est pas du tout de dénigrer les projets franciliens, les besoins sont énormes, et je suis le premier à en bénéficier tous les jours (et je pense que personne n’est dupe au point de penser que déshabiller Pierre permettra d’habiller Paul)
Je soulignais simplement l’éternelle dichotomie « Paris vs Province », où d’un coté ou arrive à aligner les milliards et bon an mal an à mener les projets à terme (y compris pour des projets qui ne paraissent pas forcément prioritaires), alors que de l’autre on galère souvent à réunir des budgets bien plus modestes.
Station4
Hélas, nombreux sont ceux qui font ce raccourci, oubliant que les projets franciliens sont d’abord payés par les franciliens (GPE avec la Taxe spéciale d’équipement). Les participations de l’Etat ne sont pas forcément supérieures à celles appliquées dans les autres Régions.
Le vrai problème reste bien la capacité d’investissement des Régions, renvoyant entre autres à des décisions du début de ce siècle…
Bosteph
Vous dîtes que les projets Franciliens – GPE, Trams, Métro, RER E, prochaine électrification de La Ferté Milon – sont payés exclusivement par les habitants de l’ Ile De France ?
Station4
GPE : oui puisque la SGP dispose d’une recette dédiée (la Taxe spéciale d’équipement).
Pour les autres projets, le financement est souvent majoritairement assuré par la Région et les collectivités locales franciliennes. L’Etat participe, mais avec des modalités équivalentes aux autres Régions. Il y a cette vieille légende tenace selon laquelle l’Etat essore les provinces pour ne financer que des projets parisiens. C’est faux.
Hugor
La ligne X13 n’existe que pour que les Roannais puissent rejoindre Paris/Marne la Vallée au lieu de se rendre à Lyon mais la liaison est peu performante, en voiture , on peut faire le trajet en 1H15.
bertrand
Et ceux qui n’ont pas de voiture ?
Bosteph
Alors, bus……………….plus lent et peu performant.
Station4
La liaison routière vers la gare TGV est effectivement fléchée vers Paris. Ceci étant, viser avec le même autocar les 2 correspondances est peut-être difficile. Le fait est que pour Paray-le-Monial, la liaison vers Lyon est évidemment plus logique par la vallée d’Azergues, mais pour cela, il faudrait développer la desserte, donc d’abord restaurer le point de croisement de Lamure (ce qui ne coûte qu’une vacation en 2×8 d’agents circulation), et ensuite créer un second croisement entre Lamure et Paray… mais, tel un chat déroulant une pelote de laine, il faudrait alors tomber le block manuel et moderniser la commande de la ligne, reposant la question de la consistance et l’organisation de la desserte. Avec un second croisement, on n’est plus obligé d’orienter la desserte comme aujourd’hui (le matin vers Lyon, le soir vers Paray). Laissons pour l’instant de côté le développement périurbain, qui nécessiterait un second « nouveau » point de croisement, probablement du côté des Ponts-Tarrets (gare du Bois-d’Oingt), pour ne pas que les financeurs potentiels se retrouvent en PLS rien qu’à la lecture de cette remarque !
Ceci étant, il faudra un prochain dossier sur cette branche, en lien avec le périurbain lyonnais. Patience…