La ligne dite des Hirondelles, entre Andelot et Saint-Claude, a frisé l’arrêt d’exploitation à l’horaire 2026. Longue de 78 km, sur les hauts plateaux jurassiens, elle n’est utilisée que par 4 allers-retours par jour et nécessite des investissements importants compte tenu de l’état non seulement de la voie mais aussi de plusieurs ouvrages d’art.
La consistance du réseau dans cette Région est aussi menacée de contraction avec le probable prochain arrêt des circulations entre Clamecy et Corbigny, ainsi que les incertitudes sur la section Pontarlier – Les Verrières sur la ligne franco-suisse en direction de Neuchâtel.
Andelot – Saint-Claude compte parmi les lignes ayant fait l’objet d’une négociation entre l’Etat et la Région pour moduler les clés de financement. Ainsi, depuis janvier 2024, la section Nevers – Chagny est repassée dans le réseau structurant, dont le renouvellement est intégralement à la charge de SNCF Réseau. En contrepartie, la Région devait assurer l’intégralité des investissements sur Andelot – Saint-Claude. Cependant, celle-ci n’avait initialement mobilisé que 5 millions € alors que le besoin théorique atteint 85 millions €. A minima, il fallait 12 à 15 millions € pour maintenir la ligne en exploitation, quelles que soient les conséquences sur l’exploitation, c’est-à-dire avec de nouveaux ralentissements.

La Région a finalement débloqué 12 millions € pour tenir la ligne pendant 3 ans : « éviter le pire sans garantir le meilleur » comme l’a dit le président du Conseil régional. Ceci étant posé, il faut d’abord rappeler que les investissements de renouvellement du réseau, propriété de l’Etat, devraient être en principe à la seule charge de celui-ci : depuis 20 ans, après le premier audit de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, les budgets régionaux n’ont cessé d’être mobilisés hors des compétences décentralisées, et in fine au détriment de capacités à financer les actions des réelles missions confiées aux Régions (dessertes, matériel roulant, intermodalité, tarification).
Ensuite, et c’est une évidence, mettre de l’argent sur une infrastructure ferroviaire est une chose, développer un service adapté aux attentes de la population et des acteurs économiques du territoire desservi en est une autre. Avec un horaire aussi peu consistant, il est permis d’être dubitatif sur ce point.
Quai numéro 2 vous propose son dossier sur cette ligne mêlant la desserte de territoires à l’écart des principaux pôles urbains et plusieurs intérêts touristiques, pour les activités de loisirs et pour le patrimoine même de la ligne, avec ses ouvrages entre Morbier et Morez notamment.
3 Commentaires sur “Hibernation évitée pour les Hirondelles”
AugLou
On a vraiment un problème de valorisation des lignes qui pourraient avoir une vocation touristique dans ce pays …
Station4
Et de justifier un meilleur usage de ces lignes en journée et le week-end…
Dans le cas des Hirondelles, il n’y a pas forcément besoin de viser très haut : avoir un train toutes les 2 heures pourrait constituer un palier satisfaisant, le temps d’évaluer s’il y a réellement nécessité de faire plus… ce qui déclencherait un nouvel investissement.
AugLou
Oui
Si en plus on pouvait avoir un matériel pour le remplacement des X73 500 qui soit adapté à ces lignes, avec par exemple des grandes fenêtres panoramiques comme en Suisse ou aux États-Unis avec les superliner panoramiques (quitte à faire une classe tourisme et une classe déplacement avec des sièges et des fenêtres plus classiques)
Couplé du coup à une communication qui va bien