D’une longueur de 1300 m, le dernier prolongement de la ligne 1 des tramways de Montpellier crée enfin une liaison directe entre la gare Sud de France et le centre de l’agglomération. Elle faisait défaut depuis 2018, date de l’ouverture de cette gare sur la ligne nouvelle de contournement de Nîmes et Montpellier. Le coût de cette extension est assez élevé, près de 50 M€.
L’horaire annonce un trajet de 22 minutes entre les gares Saint-Roch et Sud de France. La différence de temps de parcours en train étant de 18 minutes, il reste donc plus rapide de prendre le train dans la gare centrale, sauf si on habite au sud de l’agglomération. Or les deux tiers de la population et la plupart des équipements publics se situent au nord de la ligne historique. Sud de France est donc l’illustration du principe « perdre du temps à vouloir aller plus vite ».

En outre, seule la ligne 1 dessert cette gare alors que Saint-Roch est au cœur du réseau, avec les lignes 2, 3 et 4. Seule la ligne 5, qui ouvrira le 20 décembre prochain, n’y passera pas. Saint-Roch reste donc beaucoup plus commode d’accès pour la plupart des habitants de la Métropole.
Il faut aussi ajouter que le terminus n’est finalement pas installé sur l’ouvrage franchissant l’autoroute et les voies ferrées. L’exploitant du tramway souhaitait une arrière-gare. Ainsi, certaines dispositions constructives pas tout à fait anodines dans le coût de réalisation de la gare n’ont finalement pas été utilisées et les voyageurs doivent parcourir environ 150 mètres entre la station de tram et l’entrée de la gare. La demande de la TAM était-elle réellement justifiée ? Fallait-il vraiment envoyer tous les tramways (toutes les 3 à 4 minutes) à la gare nouvelle desservie par une douzaine d’allers-retours par jour ?
Malgré l’arrivée du tramway à Sud de France, la gare Saint-Roch devrait donc demeurer la principale porte d’entrée dans l’agglomération montpelliéraine, desservie par les trains régionaux, les TET Bordeaux – Marseille, les AVE Lyon – Barcelone et Marseille – Madrid et environ la moitié des TGV de SNCF Voyageurs. Ces circulations aux sillons rapides sont déterminants pour le développement des services régionaux et périurbains. Leur report sur CNM et les gares nouvelles poserait assurément un problème à la fois d’attractivité du train (du fait de l’allongement du temps réel de trajet) et des conséquences sur le réseau urbain : avec environ 140 000 voyageurs par jour, la ligne 1 est en limite de capacité. Il faudra donc peut-être associer à un développement du trafic sur la gare nouvelle la création d’une nouvelle antenne sur la ligne 3 pour la desservir par son entrée sud.
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