Le 20 décembre dernier, la Métropole de Montpellier a mis en service la cinquième ligne de tramway qui semble devoir parachever le réseau, qui développe désormais des lignes de BHNS, dont la première a été mise en service il y a quelques mois. L’autre nouveauté de l’année 2025 dans cette agglomération, c’était bien entendu le prolongement de la ligne 1 à la gare Sud de France.
Comme les lignes 1, 2 et 3, c’est un long itinéraire de 17,5 km comprenant 27 stations. C’est l’aboutissement d’un projet qui a connu quelques turpitudes depuis les premières études en 2005 et qui a été suspendu en 2014 : seule la section centrale avait été lancée afin de créer une ligne circulaire autour de l’écusson central, mise en service le 1er juillet 2016. La consistance de la ligne 5 a été ensuite assez sérieusement revue par rapport aux premières études de tracé, notamment au sud-ouest. Au nord, il a été limité à l’entrée de Clapiers et à l’ouest à l’entrée de Lavérune.
La ligne 5, au départ de Clapiers, améliore la desserte de l’université Paul Valéry et du pôle hospitalier Saint-Eloi, où elle rejoint la ligne 1 jusque place Albert 1er, avant de contourner l’hypercentre par l’ouest en tronc commun avec la ligne 4. Empruntant les itinéraires à sens unique du quartier Saint-Denis, elle remet cap à l’ouest avec un parcours assez sinueux résultat de la concertation. Il maximise la population desservie et dessert le pôle sportif Yves du Manoir tout en préservant le parc Montcalm. Le terminus Grès de Montpelllier sur la route de Lavérune, situé sur la commune de Saint-Jean-de-Védas, est doté comme à Clapiers d’un parc-relais.
Le temps de parcours est de 55 minutes en heure de pointe et de 49 minutes en journée. Le service est assuré par les nouvelles rames CAF Urbos, arborant une livrée spécifique à la ligne 5 comme pour les autres lignes. Pour l’instant, la ligne dispose de 12 rames : 10 autres doivent être livrées. Elles sont remisées au dépôt de La Mosson, avec celles de la ligne 1.

Même si elle ne dessert pas directement l’hypercentre ou la gare, la ligne 5 devrait être un large succès de fréquentation, la prévision de trafic atteignant 80 000 voyageurs par jour. C’est considérable, témoignant de l’intensité des flux de déplacement dans la Métropole.
Désormais, elle dispose de 72,8 km d’infrastructures de tramway et de 98 rames en attendant la réception des 10 dernières Urbos au début de l’année, ce qui confirme que Montpellier fait partie des réseaux majeurs en France, puisque seuls ceux de Lyon, Bordeaux, Grenoble, Nantes et Strasbourg atteignent les 100 rames à leur effectif.
Le maillage assez dense amène aussi à questionner le matériel roulant et ses aptitudes sur les complexes de voies : les Citadis à bogies Arpège sont nettement moins à l’aise que celles à bogies LHB. Les Urbos ne devraient pas marquer un progrès significatif. Ce sont autant de puits de vitesse à 10 ou 15 km/h, dont la succession commence à peser sur les temps de parcours. Ce critère n’a jusqu’à présent pas été intégré dans l’évaluation des propositions industrielles : il le faudrait.
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