Après Arnhem, Utrecht, Amsterdam et La Haye, le dernier volet de notre série consacré aux réseaux urbains des Pays-Bas, est consacré à la deuxième ville du pays, Rotterdam, place économique et industrielle majeure : c’est le premier port européen, sur la mer du Nord et à l’embouchure du Rhin et de la Meuse, le 11ème dans le monde. La ville compte aujourd’hui 635 000 habitants, au cœur d’une agglomération 800 000 de plus autour. Un tiers de la superficie de la ville est occupée par des étendues d’eau. Outre le Rhin et la Meuse, la ville est traversée par les canaux de la Rotte, contenue par une digue et régulée par des stations de pompage associées aux polders sur lesquels la ville s’est étendue. Les canaux réalisés au cours du 19ème siècle ont adapté le tracé du Rhin et de la Meuse notamment pour les adapter à l’évolution urbaine en lien avec l’essor industriel.
La ville a payé un très lourd tribut à la deuxième guerre mondiale : ravagée à 90 % par les allemands en mai 1940, les installations portuaires ont été la cible d’un bombardement allié en mars 1943 et allemand à l’automne 1944. La reconstruction a adopté plan moderne et beaucoup moins dense : la ville est redessinée, avec des artères plus larges, la création d’espaces verts, d’une nouvelle gare centrale et, en 1952, d’une première rue piétonne, la plus ancienne d’Europe.
Rotterdam a conservé ses tramways qui ont porté la création de cette nouvelle ville, avant qu’elle ne choisisse de s’équiper d’un métro, devançant Amsterdam, mais aussi Bruxelles, puisque la première section a ouvert en 1968.
Ce n’est pas un métro purement urbain compte tenu de la superficie modeste de la partie la plus dense : les extensions l’ont amené d’abord aux limites de la ville, avant d’atteindre Schiedam, puis à en sortir. Le métro a ainsi repris d’anciennes voies ferrées délaissées par les NS, l’une plutôt suburbaine vers Hoek von Holland, l’autre interurbaine vers La Haye.

En 2026, Rotterdam dispose de 5 lignes de métro organisées autour d’un schéma central souterrain en croix, desservant un réseau de 78 km. En surface, les tramways, qui ont connu une forte contraction surtout de la fin des années 1960 jusqu’aux années 1990, a été depuis relancé, avec 9 lignes sur 75 km. La singularité réside dans l’usage du métro pour des missions hors la ville, alors que les tramways assurent un rôle plus urbain jusqu’aux limites de la banlieue la plus proche (le terme est-il approprié ?).
Cependant, la fréquentation des transports publics reste modeste : l’automobile reste le mode de transport dominant, avec 40 % des déplacements. Le vélo est évidemment très présent, encore une fois facilité par une topographie plate, utilisé pour un déplacement sur 4. L’enjeu reste donc de réduire le rôle de la voiture, ce qui est assez difficile dans une ville marquée par une activité portuaire vivant 24 heures sur 24, évidemment excentrée et peu propice à une desserte par des transports publics classiques.
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