Ile-de-France : le point sur les appels d’offres

Le processus d’appels d’offres pour l’exploitation des lignes de bus de petite couronne, dans l’ancien périmètre sous monopole de la RATP s’est achevé par l’attribution des 2 lots concernant principalement Paris et les communes limitrophes. Les candidatures de RATP Cap IDF ont été retenues. Ainsi, à l’issue de ce processus, 6 dépôts sur 25 vont changer d’opérateurs : Ivry, Vitry et Bussy seront opérés par Keolis, Flandre et Pavillons-sous-Bois par Transdev et Fontenay-aux-Roses par ATM (l’opérateur milanais).

Rappelons que le groupe RATP récupère à la fin d’année l’exploitation des lignes T12 et T13, aujourd’hui opérées par SNCF Voyageurs. En grande couronne, les lots 26 (Saclay) 35 (Mantes) et 37 (Bièvres) ont été remportés par RATP Dev.

En grande couronne, rappelons qu’à l’issue du processus achevé en octobre 2024, Transdev a remporté 15 réseaux, Keolis 10, Lacroix-Savac 8 et RATP Dev 3.

Pour la suite, Ile-de-France Mobilités a adapté le calendrier des appels d’offres pour les services ferroviaires, avec un ajustement ponctuel des périmètres.

Créteil – Rue de l’église – 11 octobre 2025 – Les autobus portant encore un peu de vert RATP, déjà réduit à sa plus simple expression avec l’apparition du gris métallisé, deviennent de plus en plus rare à la faveur du renouvellement du parc. (Cliché Quai numéro 2)

Ainsi, le RER D est désormais associé aux lignes H et K plutôt qu’à la ligne R. Le lot concernant la banlieue sud-est est complété par les dessertes de la vallée de la Seine, toujours rattachées à la ligne D (même si on entend parfois parler d’une ligne S). Cette évolution crée donc un lot centré sur Villeneuve-Saint-Georges n’utilisant que des Régio2N.

Le RER D restera réparti entre les ateliers des Joncherolles et de Villeneuve-Saint-Georges, qui sera donc partagé entre plusieurs contrats donc potentiellement plusieurs opérateurs. Autre évolution, l’appel d’offres sur le réseau Montparnasse intègre désormais la ligne V Versailles – Massy, initialement rattachée au RER C.

Les dates évoluent pour tenir compte des projets d’infrastructures (cas du RER E avec la ligne P) et de réception de nouveaux matériels roulants (notamment le RER C).

Ile-de-France Mobilités a engagé ces derniers jours une première étape concernant les tramways, constituant la prochaine étape de mise en concurrence des transports franciliens, avec l’audition sur la base du volontariat d’éventuels candidats. A ce stade, le schéma les concernant est assez simple puisque chaque ligne dispose de ses propres dépôts et les lignes sont pour la plupart physiquement indépendantes les unes des autres, une curiosité mondiale. En revanche, avec le prolongement de T1 d’Asnières à Colombes sera créé un premier tronc commun, avec T2, ce qui posera la question de la coordination de l’exploitation, mais aussi de la propriété de certaines infrastructures : il serait ainsi logique qu’Ile-de-France Mobilités soit propriétaire de la section La Défense – Issy-les-Moulineaux de T2, de Bondy – Aulnay (T4), d’Epinay-sur-Seine – Le Bourget (T11), Saint-Germain – Saint-Cyr (T13) et Esbly – Crécy (T14). Dans le premier cas, il reste un flou depuis 1997, tandis que les autres, elles demeurent dans le réseau ferré national, alors qu’elles n’accueillent de fait que les trams-trains, les autres circulations n’y étant pas autorisées (sauf encore à ce stade sur T14, de façon très théorique).

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7 Commentaires sur “Ile-de-France : le point sur les appels d’offres

Pour T2, une partie du flou a été levée, puisque la ligne a été retranchée du RFN le 5 janvier 2005. pour les autres lignes, le transfert de propriété (et le changement de décret sécurité pour T14) seraient un plus, mais il faudrait désinbriquer certaines installations (dont l’alimentation en 25kV…) et simplifier les règles d’exploitation, parfois en adaptant certaines installations (signalisation de T11) pour en améliorer l’exploitation :

Si la section Puteaux – Issy Plaine a bien été retranchée du RFN, elle n’a pas pour autant été retirée du domaine affectée à RFF puis SNCF Réseau. Il y a une faille et l’infrastructure, au sens l’emprise et les ouvrages, ne sont pas au clair. En toute logique, ils devraient être en pleine propriété d’IDFM.

C’est déjà moins problématique. Et ça renvoie aussi à la question de la propriété des autres infrastructures ferrées entre IDFM et RATP, même avec RATP GI… qui n’aurait pas vraiment lieu d’être si IDFM était propriétaire des infras métro et RER A et B sud !

L’idéologie de la concurrence entre quelques opérateurs mondiaux ou européesn l’a emporté sur l’intérêt général, celui du citoyen-usager qui n’est nullement lésé par les monopoles publics. J’aimerais être optimiste mais je crains le pire dans ce futur saucissonage en règle du réseau train et métro.
On verra…

C’est un peu simplifié : il n’y a pas d’un côté les gentils monopoles et de l’autre les méchants opérateurs mondiaux. Les monopoles jouant sur du velours ne sont pas forcément incités à une efficience maximale. Qui plus est, dans le cas parisien, quand peut s’ajouter un clivage entre l’actionnaire (l’Etat) et le client (les collectivités locales via IDFM). Le schéma en régie interne (à la germanique notamment) change un peu la donne, mais ce n’est pas par principe l’optimum.
Ceci étant, sur le réseau ferroviaire, il y a déjà des questions légitimes. C’est surtout sur le métro qu’on peut être interrogatif.

La question n’est pas si manichéenne, l’idée est de savoir in fine, quel est l’intérêt pour la qualité du service de saucissonner les parcs de matériel, les centres de maintenance, les effectifs de personnel ? Cela va à l’encontre de toute flexibilité dans l’organisation du service (ce qui n’est pas le moindre des paradoxes d’une mesure dictée par une idéologie néo-libérale !), diminue la diversité des tâches pour les personnels. Le conducteur de la ligne Q qui a connaissance de ligne sur la ligne S ne pourra plus remplacer au pied levé le collègue de la ligne S parce qu’elle sera dans un autre lot. Jusqu’où fait-on descendre la qualité de service pour gagner quelques centimes sur le coût du km-train ?

Les lots sont aujourd’hui détourés sur des périmètres fonctionnels qui sont assez en accord avec l’exploitation actuelle, sauf peut-être au sud-est.
Cependant, même en exploitation monopolistique, les connaissances de ligne sont allées en régressant… pour des questions de coût des formations et du maintien de la compétence. Etonnant, non ?

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